La Fille de Kenyon Street

L'amour et la compréhension ne feront pas d'un poète un détective.
Mark Robson - La Septième victime
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Dégradation
Le titre français de ce roman de Benjamin Myers évoque l'idée d'un univers qui va vers sa dispari...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 19 septembre

Contenu

Roman - Policier

La Fille de Kenyon Street

Enlèvement - Disparition - Drogue MAJ dimanche 17 septembre 2017

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,9 €

David Swinson
The Second Girl - 2016
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Mireille Vignol
Paris : Calmann-Lévy, mai 2017
350 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-7021-6061-9
Coll. "Robert Pépin présente"

Une petit dose pour la route ?

Grâce à des siècles de conformisme, ma grand-mère disait toujours que c'était dans les vieux pots qu'on faisait les meilleures soupes. Les écrivains doivent se dire parfois que c'est avec les vieilles recettes qu'on fait les meilleurs romans. On ne pourra ps accuser David Swinson de déroger à la règle. Son histoire sera celle, très classique, d'un détective devant mener une enquête et se confronter à de bien tristes sires, poursuivi par la vindicte policière. Mais il faut bien reconnaître qu'il sait construire et appliquer sa recette.
Frank Marr, ancien inspecteur de police à Washington D.C., travaille comme détective privé, plus spécialement pour une avocate de la défense avec qui il entretient des liens ambigus. Mais un jour, au cours d'une mission, il sauve une jeune fille prisonnière d'un gang qui la drogue afin de s'en servir comme vendeuse et prostituée. Son exploit connu, il est contacté par une autre famille dont la fille a disparu. Mais la police officielle n'aime pas la façon dont Frank Marr procède et son avocate sent bien qu'il y a du louche et du lourd derrière tout ça. En effet, dans les histoires classiques de détective, ces derniers ont toujours un point faible ou une caractéristique : l'un est manchot, l'autre homosexuel, l'autre encore n'a pas de nom. Dans le cas de Frank Marr, il aime la drogue et même s'il en use avec précaution, il n'en est pas moins accro. De fait, une partie de ses enquêtes ne consiste pas à piéger des coupables, mais à surveiller des dealers pour les cambrioler en toute impunité. C'est d'ailleurs au cours de l'une de ces opérations qu'il va trouver une jeune fille kidnappée. L'intrigue tourne donc autour de deux axes. D'un côté, une enquête classique dans les bas-fonds de la drogue qui permet à David Swinson de montrer le quotidien terrifiant à la fois des dealers et de leurs victimes, et de la façon que les premiers ont d'accroître le business en jouant sur les désirs des gens. Il y a une sombre prise en main des quartiers qui a eu récemment des remontées dans l'actualité française avec une affaire se situant à Toulouse dans les "quartiers sensibles". De l'autre, le quotidien d'un ex-policier qui tente de contrôler son addiction, qui connaît toutes les ficelles pour cacher à la fois ses prises illégales et sa déviation dans le cadre public. C'est cette description du quotidien d'un drogué qui arrive à cacher son jeu, sans misérabilisme ni voyeurisme, par petites touches, et son enquête minutieuse très documentée, qui montre l'ensemble des affaires de drogue au quotidien (chez les petites gens et les classes moyennes) qui emporte la conviction pour un roman agréable à lire, qui présente une situation intéressante, traitée avec vigueur, dans un emballage classique et particulièrement bien maîtrisé.

Citation

Je me sens super bien, et pas parce que je suis défoncé, ni parce que j'ai une bonne réserve de came. J'en ai suffisamment pour ne pas m'inquiéter de ça pendant un bon moment, mais franchement, quel espoir y trouver.

Rédacteur: Laurent Greusard dimanche 17 septembre 2017
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page