Le Big Boss

À l'intérieur du coffre-fort, les quatre passeports de la famille avec de fausses identités, ainsi que d'épaisses liasses de billets tenues par un élastique, de grosses coupures en euros, en livres britanniques et en dollars américains, des billets tout neufs, sa propre version de l'argent blanchi.
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samedi 23 septembre

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Roman - Noir

Le Big Boss

Drogue - Infiltration - Urbain MAJ mercredi 12 juillet 2017

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 10 €

Bill James
Top Banana - 1996
Traduit de l'anglais (pays de Galles) par Danièle Bondil
Paris : Rivages, octobre 2016
334 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-7436-3783-5
Coll. "Noir", 1029

Parallèle shakespearien

Le Big boss est la treizième aventure, débridée et pourtant férocement noire, de "Harpur et Iles", un duo surtout pas égalitaire de flics puisque le premier est superintendant et le second adjoint du chef de la police. Ce roman, écrit en 1996 par l'auteur gallois, débute par un fait divers a priori anodin mais lourd de conséquences dans une ambiance très The Wire : un règlement de comptes entre malfrats pour la domination d'un territoire urbain. Malheureusement, une jeune fille de treize ans est abattue dans Sphere Street. Malheureusement encore, il s'avère que loin d'être une innocente jeune fille, Mandy alias "Noon" était mule pour Mansel Shale, un caïd local assorti de son second Alf Ivis. Or, Mansel ne souhaitait pas que des enfants participent au prolifique marché de la drogue. Mansel est, toute proportion gardée, un homme de la pègre à l'ancienne, avec un certain code de l'honneur, qui tient à une certaine noblesse et que l'on serait tenté de qualifier d'humaniste. Humanistes, ils le sont presque tous les protagonistes de cette histoire hormis la pierre angulaire, W. P. Jantice, un flic gangrené par l'argent, qui est une taupe dans la police et qui a abattu Mandy car elle en savait trop sur lui. D'ailleurs, très vite dans le roman, on sait que Mandy était la véritable cible, et il ne fait aucun doute sur la culpabilité de Jantice. Bill James s'amuse avec ses personnages en une toile shakespearienne où deux univers parallèles et pourtant semblables s'opposent, et où chaque roi, doté d'une certaine dose et idée de la moralité, est conseillé par son propre Iago. Mark Lane, le chef de la police, est un homme droit qui ne peut concevoir qu'au nom de l'ordre, on fasse affaire avec certains truands. Il vit dans un presbytère, et a des tableaux accrochés aux murs de l'édifice. Mansel Shale vit pareillement dans un presbytère avec lui aussi des œuvres d'art. Lui, se trimballe à vélo et rêve d'une coopération mutuelle avec la police car aussi bien d'un côté de la loi que de l'autre on a besoin d'ordre. Le roman n'est que machination où chacun avance ses pièces avec plus ou moins de retenue. Le chef de la police compose avec ses deux subordonnés, et souhaite une infiltration des différents gangs. Harpur est son plus farouche opposant, et est une sorte d'électron libre cynique et froid. Les femmes jouent un rôle important à la fois dans le récit et dans les relations entre les personnages puisque certaines dirigent en sous-main et que d'autres folâtrent avec qui elles veulent quand elles veulent à la vue de tout le monde. La résolution de l'enquête est digne d'un bon film noir. Bill James a écrit plus d'une trentaine d'épisodes à sa série. Celui-ci a plus de vingt ans et reste terriblement moderne et d'actualité. C'est à la fois triste et réjouissant !

Citation

On ne pouvait pas fermer les yeux sur un ghetto où les enfants étaient assassinés. Même si cela permettait d'acheter la paix partout ailleurs.

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 12 juillet 2017
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