À perdre haleine

Le 'bunker' communiste s'avère difficile à pénétrer par la DST qui, depuis 1975 et la calamiteuse affaire des micros du Canard Enchaîné, n'ose plus se livrer à ce genre de 'plomberie'. Mais, cette fois, ce n'est pas elle qui va se faire pincer !
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mardi 13 novembre

Contenu

Roman - Thriller

À perdre haleine

Psychologique - Social - Tueur en série MAJ mardi 23 mai 2017

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Aga Lesiewicz
Rebound - 2016
Traduit de l'anglais par Claire-Marie Clévy
Paris : Belfond, mars 2017
380 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-7144-6064-6
Coll. "Noir"

Retrouver sa profonde nature

La première fois que l'on visite Londres, on ne peut qu'être surpris de la densité en plein centre-ville de grands parcs, parcourus de promeneurs et de joggeurs. On sait aussi que la capitale anglaise est l'une des villes les plus surveillées du monde et les caméras enregistrent souvent la nuit les déplacements furtifs de nombreux animaux dans les rues, courant d'un parc à l'autre. Ces parc sont donc le lieu à la fois d'une sociabilité urbaine avec une volonté de retour à la nature (une nature éminemment maîtrisée), mais cela n'empêche pas l'animalité et la bestialité d'y affleurer. Est-ce à cela que songe Anna Wright, jeune et brillante manager, lorsqu'elle fait son jogging matinal ? Toujours est-il qu'un jour, en courant tranquillement dans le bois d'Hampstead Heath, elle aperçoit un bel inconnu, qu'elle surnomme le Mannequin Dior, qu'elle entraîne dans les buissons pour un coït aussi rapide que vif. C'est le début de l'animalité car, sans qu'il n'y ait forcément de rapport, quelques heures plus tard, on découvre dans ce même parc le corps d'une jeune femme violée et assassinée... Alors qu'elle doit subir de graves soucis dans le cadre de son travail, AnnaWright va alors comprendre qu'il y a peut-être un rapport entre ce violeur et sa vie quotidienne. Son seul problème majeur est que de nombreuses connaissances pourraient jouer le rôle de ce violeur dont le mannequin Dior et un voisin à l'air serviable. Lorsque l'étau se resserre, que son chien est empoisonné, que sa meilleur amie est tuée et que sa maison est cambriolée, Anna Wright découvre que courir n'est alors plus un loisir...
À perdre haleine s'inscrit dans une veine extrêmement lisible, sans fioritures stylistiques, mû principalement par son intrigue - Aga Lesiewicz, dont c'est le premier roman, est polonaise et l'anglais sa langue d'adoption depuis une trentaine d'années. Les personnages sont clairement montrés et dessinés, et les rebondissements nombreux. De plus, Aga Lesiewicz sait nuancer le récit pour que les fausses pistes et le suspense demeurent, rendant un impeccable aspect noir. À celà s'ajoute également une thématique rarement explorée dans le roman policier, la façon dont la sexualité "agressive" peut aussi être une occupation féminine. À travers le regard d'Anna Wright, c'est une nouvelle manière de faire : plus impulsive, plus directe, prenant l'initiative, bousculant les codes habituels. Le tout est raconté de manière visuelle et crue, comme si l'effort physique de la course et le fait d'être dans la nature réveillaient aussi des instincts plus proche de l'animalité. À quelques jours de préparer ses bagages pour l'été, voici donc un roman qui pourrait se glisser dans votre valise !

Citation

Ma peur cède place au soulagement, aussitôt remplacé par une terreur encore plus vive. Que fait-il là ? Pourquoi m'a-t-il suivie ? Va-t-il me tuer ?

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 23 mai 2017
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