La Lettre et le peigne

En prison, il comprit rapidement qu'il ne savait pas se battre. Il ne savait d'ailleurs rien de ce qui était nécessaire pour sauver sa peau. Il dut tout réapprendre. Et il apprit d'abord l'humiliation.
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jeudi 19 septembre

Contenu

Roman - Thriller

La Lettre et le peigne

Social - Guerre MAJ jeudi 09 mars 2017

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Nils Barrellon
Paris : Jigal, septembre 2016
296 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 979-10-92016-84-0
Coll. "Polar"

Retour vers le passé

Avec La Lettre et le peigne, Nils Barrellon nous montre à quel point le passé est tenace et surtout proche. Les années ont défilé, des guerres ont succédé à d'autres, des traités de paix ont été signés, des pays ont été coupés en deux, des murs se sont élevés, des murs sont tombés, on a parlé d'Ouest, on a parlé d'Est, on a joué des Coupes du monde, on a électrifié la musique, on appris à ne pas devenir fumeur, on peut désormais partir en voyage rien qu'en ayant les bonnes applis sur son téléphone portable... mais ce qui était là hier est là encore aujourd'hui. Le Mal et les secrets de famille ne se tournent pas comme la page d'un livre d'Histoire. Ils grandissent, évoluent, se transmettent de génération en génération pour finir par réapparaître au coin d'une rue, un soir, alors que l'on rentre tranquillement chez soi après avoir donné un concert dans un club...
Décembre 2012, Jacob Schmidt, musicien, se fait agresser devant son domicile de Francfort par deux costauds amateurs de tatouages à croix gammées, cagoulés et empotés (cette dernière caractéristique lui permettant de leur échapper). Septembre 2012, un gardien de musée est assassiné à Berlin et un peigne ayant permis à Adolf Hitler d'avoir une mèche impeccable en toutes circonstances (presque) a été dérobé. Le capitaine Hoffer est chargée (c'est une femme) de l'enquête. Décembre 2001, Josef Schmidt révèle à son fils, Jacob, l'existence d'une mystérieuse lettre écrite par Anna Schmidt (mère de Josef et grand-mère de Jacob), qu'il faudra récupérer chez un lointain cousin, Heinrich Worms, en cas de danger (sans lui préciser lequel, pour la simple et bonne raison qu'il n'en sait rien). Janvier 1953, Anna Schmidt écrit une lettre qu'elle laisse en dépôt à son cousin Heinrich Worms en lui demandant de ne jamais la lire et de la remettre à Josef si un jour celui-ci, quand il serait grand, la lui réclamait. Janvier 1953, le petit Josef Schmidt est abordé au sein même de son école par un homme mystérieux. Quand il raconte cette histoire à sa mère, celle-ci ne peut masquer son trouble et son inquiétude. Elle décide d'écrire la lettre. Mars 1948, Anna Schmidt et son petit garçon Josef arrivent à Berlin après avoir traversé toute l'Allemagne. Le cousin Worms leur offre l'hospitalité. Juin 1945, Anna Schmidt erre dans Berlin en ruine. Un soldat Russe abuse d'elle.
On est ici dans un thriller sans le moindre temps mort, et les scènes d'exposition sont parties intégrantes de l'action. Ça va vite, ça jongle entre les époques avec maestria. Je ne dirais pas que l'auteur fait la part belle à l'Histoire, il la connaît, la maîtrise (bien mieux que le poste où évoluait Jürgen Klinsmann dans la Mannschaft, car si celui-ci était gardien de but, moi, je suis cracheur de feu) suffisamment pour qu'on croit à ce qu'il nous raconte mais ce n'est pas une œuvre d'historien qu'il nous livre, on reste dans le romanesque et c'est d'ailleurs pour ça que ça marche. La seconde moitié du vingtième siècle déroule devant nous comme de vieilles cartes postales sur lesquelles on jetterait un coup d'œil ému mais sans perdre son après-midi dessus. Le présent est là, beaucoup plus excitant.
En partant à la recherche de la lettre qui doit lui sauver la vie et lui expliquer le pourquoi du comment des hommes aussi peu recommandables lui en veulent personnellement, Jacob remonte le fil de l'Histoire avec un grand H mais aussi le fil de l'histoire de sa famille. Et si ces deux histoires n'en faisaient qu'une ?

Citation

L'enfant n'écouta pas sa mère et continua à sauter. Anna le regarda. Elle n'avait pas le courage de le gronder. Elle avait mal dormi et avait tourné dans son lit toute la nuit avant de prendre sa décision. À la lueur d'une bougie, sur la table de la cuisine, elle avait écrit la lettre qu'elle s'apprêtait à porter à son cousin.

Rédacteur: François Legay jeudi 09 mars 2017
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