Souvenirs de police

Ses rixes de trottoir à Paname, l'atelier de la rue Saint-Maur, son père qu'il n'a pas su aimer, la guerre, la glaise meusienne rouge du sang de ses compagnons d'armes [...] et maintenant la conquête des Amériques, Eugène en chancelle.
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samedi 31 octobre

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Essai - Policier

Souvenirs de police

Historique - Procédure - Faits divers MAJ mercredi 01 février 2017

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 30 €

Collectif
Anthologie présentée par Bruno Fuligni
Préface de Bruno Fuligni
Paris : Robert Laffont, novembre 2016
1070 p. ; 20 x 13 cm
ISBN 978-2-221-12386-7
Coll. "Bouquins"

Histoires (pas) fuligineuses

La collection "Bouquins" est une figure incontournable du PLAF (Paysage Littéraire Autocentré Français). L'exercice se rapproche du cabinet de curiosités : une compilation mise en perspective sur un thème plus ou moins fascinant. On peut se régaler à lire des œuvres complètes, s'amuser à détecter de véritables perles noires ou blanches, ou franchement s'emmerder sur un sujet pourtant prometteur. Je me suis donc jeté sur le Fuligni de la semaine ! L'homme fait partie de ces graphomanes compulsifs qui ne peuvent voir une feuille de papier sans être saisis aussitôt d'une envie irrépressible de la remplir de mots ! En 2016, il a publié quatre ouvrages tout en dirigeant l'épatante revue Folle Histoire (à laquelle l'auteur de ces lignes collabore)... Soyons clair, Bruno Fuligni est agaçant !...
D'abord il est Corse, ce qui est déjà une preuve d'insularité. Ce point commun avec les Britanniques devrait le rendre parfaitement infréquentable ! De plus, il a tout le temps faim. De savoir, de trucs improbables, de quenelles sauce nantua en plein mois de juillet... Ajoutons à cela que son aspect jovial (comme disait le hamster) n'est pas une posture, le Fuligni a le sens de l'amitié et une très jolie barbe noire ! Vous l'aurez compris, je suis de ses amis... Parmi la bande de dangereux anarchistes littéraires qui gravitent autour de celui que nous avons surnommé "Not'bon maître" (ou "Phare éclairant de la pensée", selon les jours), je suis le plus raisonnable (et aussi le plus de mauvaise foi, mais c'est un autre débat)... Objectif, impartial, mettant au dessus de tout l'intégrité qui a toujours guidé mes écrits, je suis donc le mieux placé pour cette chronique du cent cinquante-troisième opus fulignesque ! L'ouvrage fait 1069 pages, ce qui me permet d'affirmer que Bruno Fuligni a l'esprit libertin ! Il est titré Souvenirs de police et sous-titré "La France des faits divers et du crime, vue par les policier (1800-1939)". Là, j'avoue, ça fait mastoc ! On sent très bien que l'on est chez des gens sérieux, du thésard, du rat de bibliothèque : c'est très "Bouquins", quoi... Mille pages, ça pose un littérateur. On n'est pas chez le vulgum pecus, ici on bosse ! On imagine sans peine notre Fufu (tu permets, Bruno ?), le soir à sa table de travail, éclairé par une chandelle qui a appartenu à Vidocq, saisissant sa plume, qui fut celle de Fouché, et grattant inlassablement sur un papier vélin. Tandis que la maisonnée s'apaise et qu'une marmite de soupe de cinq litres attend que l'auteur l'engloutisse...
Le livre ? Hummm ?... Ah oui, le livre !
L'idée de départ est simple : extraire des multiples livres écrits par des policiers la substantifique moelle et classer par rubrique les passages les plus pertinents... Le métier, le vol, l'enquête criminelle, les affaires délicates, la prostitution... À chaque fois, les flics racontent, livrent leurs réflexions, lancent des anecdotes des idées... On se marre, on est touché, surpris, amusés... Il n'y a pas que du grand flic dans ce livre. On y trouve aussi du sans grade, du petit commis de police. On se passionne pour la peinture ainsi livrée du monde criminel de ces époques, des apaches, de la bande à Bonnot, des marcheuses des boulevards... Le piège dans ce type de compilation, c'est la répétition. On y échappe, le choix est bien fait, c'est de la belle ouvrage ! Si les histoires de police du temps jadis vous intéressent, ce livre est pour vous. D'ailleurs, il assène quelques réflexions très actuelles. Les policiers retenus, je parle des cadors, permettent de couvrir l'ensemble des turpitudes et autres saletés que peuvent commettre les Hommes. On va de Canler à Marcel Guillaume, on passe par l'épatant Gustave Macè (mon musée criminel, tout un programme), par Chenevier, surnommé "Le Monstre" par la pègre... Et les autres ? Comme Clovis Pierre, le poète de la Morgue ! Mon préféré ? Marcel Guillaume, bien sûr ! Il fut celui qui permit à Georges Simenon d'affiner le plus célèbre commissaire de fiction du monde, Jules Maigret ! D'ailleurs, je signale à l'auteur que Marcel Guillaume ne fumait pas la pipe, Simenon avait pesté : "C'était mon Maigret, ne me gâchant mon personnage que par son obstination à fumer la cigarette !" (Et paf, un–zéro)...
Ce livre on le prend, on le repose, puis on le reprend... C'est comme une maitresse dont on ne peut se détacher, pour peu que le syndrome de la débilité moderne ne vous ai pas atteint - je veux parler de cette phrase définitivement conne : "Ah, mais j'étais pas né, moi..."
Passionnés d'Histoire et d'histoires, ce livre est pour vous ! (En attendant que je règle définitivement son compte à Bruno Fuligni en sortant un opus qui l'enterrera.)

Citation

Policiers, ils ont découvert le corps, traqué l'assassin, livré une tête à trancher à la justice sévère de leur temps ; écrivains, ils ont consignés leurs enquêtes, leurs intuitions, leurs idées, laissant aux nouvelles générations la trace écrite de tout ce qu'elles auraient si facilement ignoré.

Rédacteur: Matthieu Frachon mercredi 01 février 2017
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