Canicule

Encore sous l'effet de la drogue, ses pensées avaient été confuses quant elle avait tapé, au petit matin, contre le rideau de fer du Déserteur, Pablo lui avait ouvert dans un demi-sommeil, elle avait fondu en larmes dans ses bras.
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Roman - Policier

Canicule

Énigme - Assassinat - Rural MAJ jeudi 12 janvier 2017

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,9 €

Jane Harper
The Dry - 2016
Traduit du par Renaud Bompard
Paris : Kero, janvier 2017
398 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-36658-262-8

Quand le soleil brûle aussi les cœurs

Dire qu'en France, sitôt qu'il fait trois jours un beau soleil, l'on commence à s'inquièter et à parler de canicule. Là, bas en Australie, le temps peut s'avérer bien plus torride et sur une plus longue période. Jane Harper nous emmène à Kiewarra, dans l'arrière-pays australien quelque part au sud-est, dans un monde resté rural. Les fortes chaleurs qui règnent depuis trop longtemps font se dessécher les paysages. Surtout, peu à peu les agriculteurs voient leurs sources de revenus fondre comme neige au soleil.
De souffrance financière en souffrance morale, les agriculteurs sont toujours sur le fil du rasoir. Aussi, lorsque Luke "pète les plombs" et tue sa petite famille avant de se suicider d'un coup de carabine, cela semble logique. Vieil ami d'enfance, Aaron Falk, parti à la ville (mais visiblement, le seul loisir dans la campagne australienne semble être de se livrer à la chasse aux lapins), décide de retourner à Kiewarra afin d'assister à l'enterrement. Il y est poussé par la père même de Luke qui sous-entend qu'il a besoin de ses compétences policières. Après tout, Luke n'a-t-il pas sauvé Aaron des années plus tôt ?Flashback de circonstance. Quelques années en arrière, une jeune fille a été tuée au bord d'une rivière. Aaron faisait office de suspect idéal, mais Luke lui a servi d'alibi. Y a-t-il un rapport entre cette ancienne mort et les crimes commis par Luke ? Aaron commence à se poser des questions. Finalement, ne serait-ce pas lui qui aurait servi d'alibi à Luke des années plus tôt ?
Le récit joue avec bonheur sur cette double enquête : à la fois qui est vraiment derrière les meurtres de la famille de Luke et qui se cache derrière la mort de cette jeune fille des années plus tôt. Il s'appuie sur une description méticuleuse de la chaleur qui gangrène tout, qui fatigue les corps, énerve les âmes et échauffe les esprits. Aaron doit faire face à son passé, plus complexe qu'il n'y parait, et résoudre deux affaires en même temps tout en étant l'objet d'un rejet des habitants locaux qui le soupçonnent encore de l'ancien meurtre. Le tout en tentant de survivre à la chaleur étouffante. Le style reste de facture très traditionnelle, rendant palpable la chaleur et l'atmosphère lourde qui s'en suit. L'équilibre entre la nostalgie (Aaron va retrouver d'anciens camarades de classe, mais renouer aussi avec des gens qui lui en veulent encore) et le présent pesant comme la chaleur est lui classique mais raconté avec soin. Ménageant une surprise finale, Canicule est une bonne surprise de la part de Jane Harper, néophyte australienne dans le monde du roman noir.

Citation

La sécheresse, cet été-là, n'avait laissé que l'embarras du choix aux mouches, qui s'affairaient en quête d'yeux vides et de blessures poisseuses tandis que les fermiers de Kiewarra Bridge pointaient leurs fusils sur le bétail étique.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 05 janvier 2017
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