Je m'appelle Requiem et je t'...

Son corps fut l'autel de ses ultimes renoncements.
Jean-François Parot - L'Enquête russe
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

La Guerre est une ruse
Frédéric Paulin retrace avec intelligence l'histoire violente de l'Algérie entre 1992 et 1995, un...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

lundi 16 septembre

Contenu

Roman - Policier

Je m'appelle Requiem et je t'...

Social - Religieux - Artistique MAJ mardi 20 septembre 2016

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Stanislas Pétrosky
Préface de Nadine Monfils
Paris : Lajouanie, juillet 2016
192 p. ; 19 x 13 cm
ISBN 978-2-37047-072-0
Coll. "Roman policier, mais pas que"

Les mains sont faites pour bénir, mais pas que...

Estéban Lehydeux est cureton. Mais pas un cureton avec la face pâlichonne d'un cierge à bas prix tel qu'on en trouve dans les Lidl de Lourdes. Pas un cureton avec le tarbouif couleur picrate et les yeux saisis par la jaunisse, véritable profession de foi d'un foie consacré à une consommation excessive de vin de messe entre les offices (il préfère la bière et le whisky). Ce n'est pas non plus un cureton à la carrure de cintre en plastique qui plie sous le poids de la soutane, des ordres et de la misère du monde. Estéban Lehydeux, il est plus du genre descendant de Don Camillo. À filer une bastos dans la tronche de la brebis égarée avant qu'elle ne revienne emmouscailler le troupeau. Le pardon, c'est bien gentil, mais quand tu tombes sur un vrai méchant, c'est aussi efficace qu'une pastille contre la toux pour soigner une crise d'urticaire. Bref, Estéban Lehydeux c'est un cureton un peu spécial, avec des méthodes et des arrangements à lui. Son surblase résume bien le perso : Requiem ! Un jour, il reçoit la visite d'une dénommé Martine Rutebeuf. Une bien jolie gonzesse comme t'en verras jamais dans ton plumard sauf si tu n'y es pas. Ou alors il faudra que t'allonges l'artiche avant qu'elle s'allonge à son tour. D'ailleurs Martine confesse que l'artiche, elle se le fait allonger. Pas pour des passes, elle ne se prostipute pas. Non, elle fait payer ses exhibitions pornographiques sur le Net. Elle affiche déjà un palmarès assez conséquent et son patronyme lui est bien utile pour l'inspiration des ses aventures. Martine à ceci, Martine à cela... Tu piges ? Le problème, qui lui cause un cas de conscience que seul un homme d'église peut l'aider à résoudre, c'est que la veille elle a reçu un message on ne peut plus dégueuleu lui proposant de l'argent pour tourner Martine à l'école avec des partenaires tellement jeunes que le jour où ils seront majeurs, toi tu materas le cul des infirmières accrochées à ton déambulateur. L'autre tête d'affiche de la production est une bite. Une bite qui pend comme un tuyau d'arrosage et dont la largeur fait le double des barreaux de chaise que Michel Charasse fumait à la santé du contribuable. Attention ! Quand je parle "cas de conscience", je ne sous-entends pas qu'elle hésite à accepter le tournage because l'attrait du pognon. Que nenni ! Elle est bath la môme. Avec de la morale et tout ce qu'il faut pour faire d'elle une meuf comac. Non, je veux dire qu'elle aimerait faire pincer les enfoirés qui lui proposent cette horreur mais qu'en même temps elle a peur. Bien sûr, il y a la police. Mais la police, ça a des gros sabots et si ça rate son coup, hop ! Martine à la morgue. Le père Estéban, lui, comme je t'ai dit, c'est pas un simple porteur de soutane. Tiens-toi bien... il exorcise. Mais pas le démon qui prend possession d'une pisseuse pour lui offrir des tours de manège autour du lustre de sa chambre. Non, il exorcise le mal qui ronge les hommes. Alors elle préfère s'en remettre à lui, Martine. Il lui inspire confiance, sécurité, pis autre chose d'un peu plus sensuel aussi. Bref, le père Estéban, il accepte d'aider la môme Martine et c'est le début de l'histoire. C'est aussi le début des emmerdements !
Si Kipling avait lu San-Antonio, il aurait écrit en évoquant Stanislas Petrosky : "Tu seras un Dard, mon fils !" (Nadine a signé la préface) tant l'auteur de Je m'appelle Requiem et je t'... pique le lecteur à la manière de son glorieux aîné. Aîné à qui il voue un véritable culte (sur la commode). Et comme je le comprends. Mon cher Stan, nous avons le même papa et, je pense (donc j'y suis j'y reste), une multitude de frères et sœurs. L'hommage est appuyé, certes ! Mais il est pleinement assumé, maîtrisé, offert et franchement, ça serait con de refuser l'invitation. C'est argotique, c'est culturel, c'est cinéma (référence à Michel Audiard et Jean-Paul Belmondo entre autres), c'est chantant (avec Renaud et Higelin notamment), c'est populaire, c'est drôle, c'est inventif, c'est sexuel, c'est surprenant, et on y retrouve ce plaisir, cher à Frédéric Dard, de jouer avec les mots, de les assembler pour que le lecteur vive le plus jouissif des voyages. Voyage qui, je l'espère, en appellera d'autres. Je ne vais pas m'étendre davantage. Ce n'est pas que la couche ne soit pas un appel à la tentation, au contraire, c'est plutôt qu'il n'y a pas grand-chose à ajouter. Si vous êtes amateur de Sana, vous retrouverez chez Requiem ce que vous aimez. Sinon, c'est une occasion de découvrir les deux. Car si l'un vous plaît, ça serait un péché de vous priver de l'autre... Ou alors c'est que vous êtes vraiment cave !

Citation

Plus j'avance, plus j'ai le bide qui se contracte, je serre les miches, tu ne peux même pas imaginer. Fourre-moi une olive dans la raie du cul, je te fais un litre d'huile vierge, première pression à froid. T'entraves pourquoi je ne vais pas bien ? Non ? Ben oui, plus j'avance, plus je me rends compte que c'est chez la môme Martine qu'ils sont tous...

Rédacteur: François Legay mardi 20 septembre 2016
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page