Rien ne se perd

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jeudi 15 novembre

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Roman - Noir

Rien ne se perd

Social - Urbain - Faits divers MAJ lundi 05 septembre 2016

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

Cloé Mehdi
Paris : Jigal, mai 2016
272 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 979-10-92016-70-3
Coll. "Polar"

Rage dedans

Mattia Lorozzi, onze ans, est orphelin de son père, qui s'est suicidé en hôpital psychiatrique. Ce dernier ne s'était jamais remis de la mort du jeune Saïd, assassiné par un policier qui a par la suite bien entendu été innocenté. C'est dans l'asile où il rendait visite à son père qu'il a rencontré Zé, également marqué par ce meurtre, et qui est devenu son tuteur légal. Cependant, Zé se sent également responsable de la mort d'une élève. Est-il vraiment un assassin par procuration, comme il le croit ? Et, pour tout arranger, il vit avec Gabriella, qui va de tentative de suicide en tentative de suicide. La seule solution : se barricader en soi et devenir insensible. Plus facile à dire qu'à faire, surtout lorsque des services un peu trop zélés veulent l'envoyer dans un foyer. C'est alors qu'une main inconnue laisse des graffiti qui remettent dans toutes les mémoires la mort de Saïd alors que Thomas Ross, son meurtrier, est toujours là...
De Monstres en cavale, premier roman de Cloé Mehdi, on avait davantage apprécié les promesses que le résultat final affligé de toutes les défauts du premier roman. Des promesses ici pleinement tenues dans cet ouvrage qui ressuscite le roman social du XIXe siècle remis au goût du jour. Avec un tel thème, il eût été facile de tomber dans le misérabilisme à deux balles ou le roman "de téci", mais Cloé Mehdi semble avoir fait pour elle l'aphorisme de Virginie Brac : "Vivent les navires en déroute. Vivent ceux qui souffrent et se déchirent." On croit en cette foultitude de personnages crédibles, bien décrits, dont l'histoire personnelle se dévoile peu à peu, et on partage leur quête d'une illusoire rédemption. On l'a compris, cette dissection d'un fait divers tel qu'on en voit tous les jours dans les journaux se situe dans cette zone grise entre littérature noire et blanche qui nous donne les romans les plus intéressants. Le tout eût encore gagné à être un brin resserré, mais pour peu qu'on aime la littérature à l'estomac... La preuve que Jigal (un éditeur qui nous tient à cœur et qui s'ouvre aujourd'hui aux femmes) peut sortir du néo-dur-à-cuire, genre qu'il a contribué à remettre au goût du jour !

Citation

Il marche, les mains dans les poches de sa veste en daim — un cadeau de sa sœur du temps où elle lui adressait la parole —, à la recherche d'une foutue raison de se battre encore. Se battre contre qui, contre quoi ? Il n'a jamais vraiment su.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 05 septembre 2016
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