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mercredi 19 septembre

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Roman - Noir

La Récup'

Vengeance MAJ lundi 19 octobre 2009

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16 €

Jean-Bernard Pouy
Paris : Fayard, septembre 2008
250 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-213-63777-8
Coll. "Noir"

Deux tiers de pure délectation

Antoine, vingt-cinq ans, est un artisan serrurier réputé, qui a aussi à une époque été un roi de la cambriole. Un spécialiste des serrures. De celles qui n'ont aucun secret. C'est aussi un sacré collectionneur... de serrures. D'ailleurs, ses serrures à lui n'ont ni âge ni prix. Tout irait presque bien dans le meilleur des monde si ce n'est que l'argent fait cruellement défaut et que le diablotin provocateur surgit sous les traits d'une bande de malfrats russes. Antoine accepte à son corps presque défendant de mettre ses talents au service d'une mauvaise cause tempérée par une juste rémunération. Un bandeau sur les yeux. Un trajet. Une demeure pas si inconnue que ça mais un peu. Une porte. Qui ne tarde pas à s'ouvrir. Puis le trou noir. Antoine s'est fait avoir. Il n'aura de cesse de courir après son argent dû quitte à vendre sa dernière serrure.
Dès les premières pages, l'amateur de Jean-Bernard Pouy, rendu un peu frileux par ses contributions qui dorénavant se tournent vers les formes courtes, est rassuré. Il a retrouvé l'auteur qui au début le plongeait dans une aventure loufoque, romanesque et noire. Et cette sensation le suit pendant les deux tiers du roman. Jusqu'à ce que Pouy se rende compte que ça fait déjà longtemps qu'il s'acharne-délecte sur des pages avec un héros auquel forcément il s'attache. Alors, avec un certain brio qui n'est pas s'en rappeler une nonchalance à la Ribouldingue, Pouy saccage le dernier tiers. Il se dépêche de nous amener à la fin. On assiste en accéléré à la chute du roman. Et le roman chute. Dommage car, franchement, les deux premiers tiers sont fondamentalement hallucinants de talent, d'ingéniosité et de tous les autres qualificatifs mélioratifs qui accompagnent les auteurs de génie (n'ayons pas peur des mots, que diable). Malheureusement, c'est du dernier tiers d'un roman que l'on conserve souvent la juste impression.


On en parle : La Vache qui lit n°98 |La Tête en noir n°140 |L'Ours polar n°50

Citation

Mais il fallait continuer. On me devait dix mille euros. Lee Marvin n'avait pas hésité, lui. Lee Marvin était un grand philosophe. Et un moraliste de première bourre.

Rédacteur: Julien Védrenne samedi 17 octobre 2009
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