Leona, les dés sont jetés

Il ne fait pas bon être aux mains de la justice quand on n'a ni argent ni protecteurs.
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mercredi 19 septembre

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Roman - Policier

Leona, les dés sont jetés

Braquage/Cambriolage - Corruption - Chantage MAJ lundi 22 août 2016

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Jenny Rogneby
Léona, Tarningen ar kastad - 2014
Traduit du suédois par Lucas Messmer
Paris : Presses de la Cité, mai 2016
398 p. ; 23 x 14 cm
Coll. "Sang d'encre"

Atterrissage forcé pour Lindberg

Une fois que l'on se retrouve dans une pente, il est souvent bien difficile de revenir en arrière. C'est bien sûr vrai dans la réalité de notre vie quotidienne, mais aussi dans sa version métaphorique. Le lecteur va s'en rendre compte avec ce premier roman de Jenny Rogneby, une Suédoise (encore !) d'origine ethiopienne (ça interpelle !). Son personnage de Leona Lindberg est une femme de la police criminelle suédoise, mariée à un époux trop doux avec qui elle a eu un petit garçon qui souffre d'une maladie grave (il ne pourra être soigné qu'à l'étranger contre un peu d'argent). Elle mène tant bien que mal sa barque avec sa petite épargne... Tout pourrait se résumer à une trajectoire sans histoire, si Leona n'avait pas décidé un soir de commencer à aller sur Internet afin de jouer au poker. Allez, on ne va pas jouer beaucoup, et puis on gagne, et puis... Peu à peu, Leona Lindberg va devenir de plus en plus accro au jeu et va perdre beaucoup. Pour se renflouer, elle décidera de piocher dans la petite réserve mise de côté pour les futures opérations... Lorsque les choses vont s'accélérer, Leona Lindberg comprendra bien qu'il lui faudra passer à l'étape suivante : trouver de l'argent ! En parallèle, elle se charge d'enquêter sur quelqu'un qui braque les banques avec une nouvelle méthode très intelligente et stressante : une petite fille couverte de sang est envoyée dans une agence bancaire et une voix sortie d'un magnétophone annonce que si de l'argent ne lui est pas donnée, elle sera encore plus blessée !
Le roman est une perpétuelle oscillation entre le gangster et sa fille qui commettent les actions criminelles, la vitalité de Leona Lindberg pour faire face à toutes les histoires qui lui arrivent, et les autres forces de police qui tournent autour. Évidemment, Leona Lindberg nous raconte très rapidement une autre vérité : elle est derrière le criminel car elle connaît bien les méthodes pour tromper la police. En se mettant aussi à la tête de l'enquête, elle sera à même de tout contrôler. Comme nous le disions, une fois que la pente est engagée... Car bien entendu, quelqu'un d'autre est au courant qu'elle aide un réseau criminel et cette personne entend bien monnayer son silence. S'y ajoutent le mari qui se rend compte que quelqu'un a pioché dans la caisse commune et un policier qui a compris que Leona Lindberg jouait un double jeu... Leona, les dés sont jetés est construit de manière particulière. En effet, le lecteur se trouve face à une enquête faussée, un travail de sape, de l'intérieur, par le policier chargé de l'enquête. Peu à peu, apparaissent ses motivations, sa façon de voir les monde dans sa dérive personnelle (chacune de ses actions justifie la suivante et l'enfonce un peu plus dans des solutions de plus en plus aléatoires et dangereuses). C'est la description de cette spirale tragique qui fait tout le sel d'une autre facette, moins connue, du rêve suédois.

Citation

Si moi, Leona Lindberg, du haut de mes 34 ans, n'avait pas su que ma vie bien rangée allait sous peu changer du tout au tout, j'aurais été incapable de tenir encore très longtemps.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 22 août 2016
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