Et l'obscurité fut

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Roman - Policier

Et l'obscurité fut

Braquage/Cambriolage - Enlèvement - Urbain - Procédure MAJ lundi 01 août 2016

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,9 €

Maurizio De Giovanni
Buio per i Bastardi di Pizzofalcone - 2013
Traduit de l'italien par Jean-Luc Defromont
Paris : Fleuve, avril 2016
342 p. ; 21 x 15 cm
ISBN 978-2-265-09941-8
Coll. "Fleuve noir. Thriller"

Le 88e district de Naples

À l'intérieur de ce vaste continent qu'est la littérature policière, il existe des pays spécifiques avec leurs coutumes particulières. Il y a quelques années déjà, Ed McBain a offert son propre territoire, ou du moins l'a rendu connu du monde entier, en s'appuyant sur un schéma simple. Face aux héros individuels et redresseurs de tort, il a proposé l'idée de constituer son intrigue autour d'un groupe de policiers, d'un commissariat. Même si certaines figures pouvaient émerger, le véritable personnage c'était bel et bien le collectif du commissariat de ce satané "87e Distric". Depuis, le genre a essaimé et plusieurs auteurs s'y sont intéressés avec plus ou moins de bonheur. C'est dans cette perspective que s'inscrit Maurizio De Giovanni. Son commissariat de Pizzofalcone a mauvaise presse depuis qu'une équipe précédente a surtout été connue pour ses affaires de corruption, et la nouvelle équipe essaie de redorer le blason de la police napolitaine. Certains ont des obsessions comme cet inspecteur qui pense qu'une série de suicides dans le quartier cachent des meurtres, sans savoir qu'il est très proche de la réalité et du coupable. Deux affaires vont rompre la monotonie du commissariat. C'est tout d'abord un vieux couple dont la demeure a été cambriolée sans que visiblement rien n'ait été dérobé - les voleurs ont été même très précautionneux avec les objets qu'ils ont eu entre les mains. Ensuite, c'est un contre la montre diabolique qui s'engage lorsque l'on apprend qu'un jeune enfant a été kidnappé. Les parents divorcés se disputent sans cesse et même l'amant de la mère semble avoir des raisons pour avoir organisé cet enlèvement. Derrière le garçon, ne serait-ce pas le grand-père, parrain local discret, qui serait visé ?
Maurizio De Giovanni maîtrise son intrigue : les deux histoires qui, bien sûr, vont se recouper, constituent l'essentiel du roman. Mais il sait ménager des espaces pour les soucis de ses personnages, sans pour autant appuyer, et surtout il présente ses policiers - Romano, Aragona, Lojacono, Di Nardo - avec leurs envies et leurs doutes, leurs problèmes personnels et comment ceux-ci interfèrent avec leurs actions. Des chapitres insérés rappellent la noirceur de la vie à travers des multiples anecdotes sur d'autres habitants de cette bonne ville de Naples. Mais le fil conducteur reste cet enlèvement, et il est présenté dans toute sa complexité, avec une véritable montée de la tension jusqu'à une conclusion très noire et qui laisse un goût amer. En effet Maurizio De Giovanni montre combien, par delà les mauvaises actions, il y a surtout beaucoup de désespoir, de contradictions, de petits coups du sort qui altèrent les plans les mieux conçus, et comment la cupidité et la convoitise s'associent facilement à la violence et à la bêtise pour créer des situations inextricables. Avec cette série qui en est à son troisième volet, en très bon émule d'Ed McBain, Maurizio De Giovanni montre qu'il reste encore des territoires littéraires à découvrir et bien des pays à visiter.

Citation

Si on n'a pas un macchabée sur les bras à 8 heures du matin, ça ne veut pas dire pour autant qu'on peut se la couler douce, hein, qu'en penses-tu Aragona ?

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 01 août 2016
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