Les Justiciers de Glasgow

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jeudi 20 septembre

Contenu

Roman - Policier

Les Justiciers de Glasgow

Social - Guerre - Corruption MAJ mercredi 29 juin 2016

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,5 €

Gordon Ferris
Bitter Water - 2012
Traduit de l'anglais (Écosse) par Hubert Tézenas
Paris : Le Seuil, mars 2016
476 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-02-122255-5
Coll. "Policiers"

Un monde à reconstruire

Après les terribles années de la Seconde Guerre mondiales, les esprits sont perturbés : ceux qui ont combattu sont revenus et semblent être exclus de la prospérité qui redémarre, de la gaieté qui reparaît. Il faut rebâtir sur les ruines. Les ruines physiques de l'ancien monde, du Royaume-Uni dévasté par les bombardements. Qui dit reconstruction dit bâtiments, emplois et surtout corruption pour les grands groupes. C'est sur ces mouvements financiers louches que travaille un journaliste de Glasgow. Il cherche des pistes et a peut-être trouvé quelque chose avec un conseiller municipal qui vient de quitter la pauvreté et sa femme pour une jeunette et un bel appartement. Mais il y a également des ruines morales. Après la guerre, qui croire ? Que penser ? Avoir combattu les nazis pour se retrouver chômeur alors que d'autres s'enrichissent sans risques... Lorsqu'un petit truand est condamné à une lourde peine et qu'il se suicide en prison, ses amis décident de le venger en devenant des justiciers dans la ville. Ils prennent un autre journaliste, Douglas Brodie, de La Gazette, pour être une sorte de porte-parole de leur cause. Mais Brodie ne peut pas accepter cette situation, surtout quand les vengeurs masqués commencent à s'en prendre à des homosexuels et citent les Évangiles.
Le récit va donc brasser ces différentes pistes : un ancien officier, qui tente de se reconvertir dans le journalisme ; une avocate qui éprouve un tendre penchant pour lui, des promoteurs arrivistes, des soldats désœuvrés et qui essaient de survivre dans un monde qui veut oublier leurs sacrifices. Le décor du Glasgow de l'immédiate après-guerre est décrit avec soin, les antagonismes de classes entre les derniers rejetons des familles nobiliaires de l'avant-guerre, les nouveaux parvenus enrichis par les dernières années, et la masse des gens du peuple qui veulent s'en sortir. L'idée des soldats déclassés qui décident de devenir des justiciers est particulièrement intelligente et bien menée. Les personnages sont bien typés comme cet officier devenu journaliste qui boit un peu beaucoup et a du mal à ne pas tomber amoureux ou bien son chef paternaliste et qui est prêt à le soutenir. Sans compter l'avocate au grand cœur, les méchants patibulaires et qui n'hésitent pas à tirer dans le tas. L'atmosphère des années 1940 n'est pas seulement dans l'histoire mais dans ces renvois aux figures archétypales du genre. Gordon Ferris prend bien soin de ne pas juger et son intrigue permet de poser des questions sur la morale de nos actions, sans oublier la part nécessaire d'action (notamment un final avec l'attaque d'un château fort). Ce deuxième volet de ce qui est prévu pour être une tétralogie (qui se lit indépendamment... et agréablement) nous fait attendre avec impatience la suite.

Citation

J'avais aussi mon diplôme de langues : mon français désormais saupoudré d'inflexions et de gros mots entendus chez les gens dont nous avions rasé les maisons pendant notre Blitzkrieg libératrice...

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 29 juin 2016
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