Les Sentiers de la nuit

Quinze heures plus tôt, il pêchait tranquillement la truite dans les eaux du Chihuahueos Creek, et voilà qu'il se retrouvait dans une chambre d'hôtel de Manhattan avec 20000 dollars en poche, une terrible épée de Damoclès au-dessus de la tête et le sang d'un inconnu sur les mains.
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Roman - Noir

Les Sentiers de la nuit

MAJ lundi 06 juin 2016

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Gilles Vidal
Clichy : Le Jasmin, février 2016
274 p. ; 19 x 15 cm
ISBN 978-2-35284-301-6
Coll. "Jasmin noir"

Des humains en route

C'est étrange car dans plusieurs romans récents, la nouvelle génération met en scène de manière plus ou moins centrale le personnage d'un écrivain, un peu replié, un peu sauvage, écrivant dans son coin de campagne. Dans Les Sentiers de la nuit, l'action se déroule dans les Vosges, et il est difficile de ne pas y voir une allusion à Pierre Pelot. Ce n'est que justice qu'apparaisse ici la statue du commandeur, d'autant plus qu'elle n'a jamais été écrasante !
Dans le roman de Gilles Vidal, l'écrivain n'est "que" le père d'un inspecteur de police qui doit se coltiner avec des enquêtes complexes. Qui est cet inconnu que l'on vient de retrouver mort dans un squatt et qui visiblement n'a aucun rapport avec cet univers peu policé ? De plus, lorsque l'on découvre il est banquier, les choses se compliquent. Mais l'écrivain est également un témoin pour un Américain de passage qui a décidé de retrouver ses origines : son père polonais a vécu dans le coin. L'écrivain a-t-il croisé le travailleur émigré ? La vérité est peut-être à chercher ailleurs, du côté de Varsovie. Et puis il faut compter sur des inconnus qui menacent cet Américain afin qu'il arrête son enquête généalogique. Enfin, il y a aussi des jeunes filles qui ont disparu...
Gilles Vidal nous a habitué à ce mélange détonnant. Nous savons qu'à un moment ou un autre, les intrigues se recouperont. Dans le cas présent, il n'hésite même pas : certains pistes ne débouchent sur rien, comme dans la vraie vie. Il se remémore peut-être le Kôan zen, un essai sur le bouddhisme : peu importe ce que tu cherches, c'est le chemin qui est important, et son Américain, même s'il n'obtiendra pas forcément toutes les réponses qu'il souhaite, aura quand même trouvé quelque chose d'aussi important que le travail sur ses racines lors de son périple polonais.
À côté de livres formatés, des autoroutes romanesques tracées à grands coups rectilignes et éclairés de mille feux, l'auteur nous offre divers personnages qui suivent leurs petits chemins, sans trop bien savoir où ils vont, se créant au fur et à mesure qu'ils avancent, et qu'ils parviennent à mettre un peu de luminosité au cœur de leur trajet. Cabossés par les vie, humains, trop humains, les différents protagonistes du roman tentent de survivre, de rester droits et intègres dans un monde qui fluctue, qui corrompt sans même que les corrupteurs comprennent bien pourquoi. Par delà l'intrigue, intéressante et classique, c'est la vie qui palpite derrière les pages, l'humanité comme chez tout vrai écrivain, vosgien ou non, qui séduit.

Citation

Harry se souviendrait toujours de la force avec laquelle elle lui avait serré la main, de ses yeux implorants qui paraissaient exagérément volumineux sur son vissage décharné.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 06 juin 2016
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