Cocktail molotov

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jeudi 19 juillet

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Roman - Noir

Cocktail molotov

Social - Vengeance MAJ mardi 06 octobre 2009

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 8,5 €

Jean-Paul Nozière
Paris : Rivages, septembre 2009
340 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-7436-2001-1
Coll. "Noir", 746

Coup de tête à Dalet

Dalet est une petite ville qui survit grâce à une usine de fabrique de chaussettes et une équipe de foot de milieu de tableau de CFA adepte des exploits en Coupe de France. D'ailleurs, il y a trois ans, l'équipe était en demi-finale. La municipalité donnait un terrain au Club. Le Club allait avoir son nouveau stade par le biais de son sponsor : l'usine de chaussettes. Aujourd'hui, la vérité est autre. L'équipe est à nouveau en demi-finale mais le terrain donné était un ancien terrain militaire doublement miné car en plus d'exposifs, deux familles tsiganes y avaient élu domicile. Elles entreposaient de l'essence dans une baraque qui a sauté le soir d'un mariage, qui n'était autre que ce soir de Coupe et de demi-finale perdue. Aujourd'hui, un étrange individu se trimballe en voiture et lance des cocktails molotov en choisissant bien ses cibles et sa musique. Il arrive au son de Johnny et son Allumer le feu pour repartir sur un air de Goran Bregovic issu d'un album intitulé Tales and songs from weddings and funerals. Des joueurs talentueux d'il y a trois ans, il n'en reste plus dans l'équipe actuelle. Mais il ne sont pas partie sous de meilleurs cieux footballistico-financiers, non, ils sont en Turquie où l'usine expatrie (presque) à tout va. Parmi eux, Mouloud Djouadria. De fil en aiguille et de relation en relation c'est un étrange duo (un flic bourru à la retraite et une jeune beurette toute mimi) qui partent enquêter à Dalet.
La trame fait obligatoirement penser (du moins ceux qui l'ont vu y penseront forcément) au film Coup de tête de Jean-Jacques Annaud avec un Patrick Dewaere époustouflant. D'ailleurs, l'on a cette musique de Pierre Bachelet qui vient également s'intercaler entre Johnny et Bregovic, et son "Trincamp, Trincamp" hurlé aux oreilles. Une équipe qui va loin en Coupe de France. Une usine qui fait la pluie et le beau temps dans la ville. Des footballeurs embauchés. Un scandale sous-jacent. Beaucoup de points communs donc. Excepté Dewaere absent du roman. Remplacé par un homme hanté par sa famille avec laquelle il discute d'outretombe en planifiant sa vengeance. Et puis, n'est pas Nozière qui veut. Sponge, sa ville de prédilection n'est pas loin. Ni ses habitants loufoques. Alors il y a ce couple surprenant entre un homme d'église et sa servante. L'on se demande qui est le fou de l'autre. Ils passent leur temps nu à se confesser ou à écouter la confession de l'autre. Des histoires de viols qui n'en sont pas. La folie capharnaümesque qui débute un soir de match. Un joyeux méli-mélo noir d'où transpire un lourd secret. Les éléments s'enchainent les uns aux autres allant crescendo, et le feu d'artifice final surgit de toute part. Effet réussi, Monsieur Nozière. À se demander si les névroses familiales, municipales, ne sont pas votre dada !

Citation

Pour un bled comme Dalet, le foot est comparable à la perfusion d'un malade à l'hosto. Ça maintient en vie à défaut de guérison et ça entretient l'espoir jusqu'au miracle toujours possible.

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 04 octobre 2009
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