Les Infâmes

J'aimerais pouvoir parler, mais j'ai la langue bétonnée par des années de silence, la bouche collée par la honte. De temps en temps, du coin de l'œil, elle me regarde pleurer et ne rajoute rien. Le silence est encore plus incisif que ses phrases.
Victor Rizman - 40 ans, 6 morts et quelques jours
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Dégradation
Le titre français de ce roman de Benjamin Myers évoque l'idée d'un univers qui va vers sa dispari...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 19 septembre

Contenu

Roman - Thriller

Les Infâmes

Disparition - Gang - Secte MAJ mercredi 09 mars 2016

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Jax Miller
Freedom's Child - 2015
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Claire-Marie Clévy
Paris : Ombres Noires, septembre 2015
252 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-08-134790-8

Calme trompeur des lieux

Il y a parfois des intrigues qui accumulent les éléments. C'est ici le cas avec Les Infâmes, premier roman de Jax Miller, puisque nous avons une secte millénariste où - entre pédophilie, extorsion de fonds et envie de constituer un suicide collectif -, son gourou a fort à faire. Surtout que ce gourou a, quelques années plus tôt, lorsqu'il était encore honnête, adopté deux enfants. Or ces deux enfants sont ceux de Freedom Oliver, une femme qui a abattu son mari et qui depuis dix-huit ans vit sous la protection des témoins du FBI au fin fond de l'Oregon. Elle avait en effet dénoncé son beau-frère, chef d'un gang irlandais. Justement, ce beau-frère vient de sortir de prison. Quasiment au même moment, la fille adoptive du gourou disparaît. À partir de là, c'est un joyeux bordel qui s'annonce. Tous les protagonistes sans exception de cette histoire rocambolesque se donnent rendez-vous sans le savoir dans un petit village qui vit ses dernières heures de calme  un frère fugueur, une mère alcoolique et suicidaire, une bande de truands irlandais...
Centré principalement sur le personnage de Freedom Oliver, une femme qui surveille de loin ses enfants, protégée par un policier local tombé amoureux d'elle, Les Infâmes se permet de décaler son regard vers le fils, les membres de la secte ou la famille irlandaise qui vient à leur recherche. Complication supplémentaire : un des Irlandais, membre de la fratrie, n'est pas d'accord avec le reste de la tribu et veut aider son ex-belle-soeur. Tout ce petit monde débarque donc dans la petite ville où vit la secte. Là, de nombreux policiers s'inquiètent car ils surveillent le gourou, soupçonné de vouloir lancer un deuxième Waco, et dont l'adjoint n'est autre que le chef de la police locale.
Les Infâmes est un roman très particulier car devant cette surcharge d'éléments, de trahisons possibles, de contradictions entre les buts des divers protagonistes, on aurait pu attendre une montée angoissante du suspense avec de nombreuses pistes à explorer dramatiquement : la mère de famille va-t-elle sauver sa fille ? Que peut faire le frère avocat, venu là en catastrophe avec sa fiancée qu'il devait emmener en voyage ? Que peut faire le FBI ? Comment les gangsters vont-ils s'introduire dans l'histoire ? Pourtant, le récit, stylistiquement assez neutre, aligne les événements, les rencontres, détaille les personnages comme des marionnettes, presque comme un scénario de série qui n'aurait pas vu le jour et se serait reconverti. C'est mené de manière efficace avec à la clé de nombreux stéréotypes. Citons pêle-mêle la femme alcoolique qui doit surmonter des traumatismes, le policier divorcé qui la soutient, le frère qui a fui la secte et a des remords d'y avoir laissé sa sœur, le gang irlandais constitué de psychopathes menés par un mater obèse, le gourou qui oscille entre sa psychologie déroutante et un fond d'escroc de haut vol. On peut donc considérez que pour cette première incursion de Jax Miller dans les littératures policières, Les Infâmes est un roman qui offre un divertissement honnête.

Citation

Je m'appelle Freedom Oliver et j'ai tué ma fille. C'est surréaliste et je ne sais pas ce qui me fait le plus l'effet d'un rêve : sa mort ou son existence. Je suis coupable des deux.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 09 mars 2016
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page