La Maison du juge

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Roman - Policier

La Maison du juge

Social MAJ mardi 13 octobre 2009

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 5,5 €

Georges Simenon
Paris : Folio, juillet 2009
184 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-07-039958-1
Coll. "Policier", 556
Une enquête du commissaire Maigret

Ce qu'il faut savoir sur la série

Le commissaire Jules Maigret, du fameux quai des Orfèvres, est apparu en 1931 dans Monsieur Gallet décédé, première immixtion d'un personnage qui traversera l'œuvre de Georges Simenon pendant quarante et une année. Jusqu'en 1972, date de la mise en retraite littéraire de son créateur et par là-même du commissaire qui se retire à Meung-sur-Loire avec sa bobonne de femme..
Marié à Louise, une Alsacienne, habitant au 130, boulevard Richard-Lenoir dans le XIe arrondissement de Paris, Maigret, la quarantaine, au physique imposant, au levé de coude professionnel et à la pipe remarquable, est un commissaire au discernement d'autant plus sûr qu'il se remet toujours en question. Maigret ne juge pas. Il observe, il comprend, il conclue. Le tout avec méthode. Quand vient l'heure de cuisiner un suspect, un coupable, il envoie un de ses fidèles lieutenants chercher des sandwiches au jambon et des bières à la brasserie d'en face car quand même il faut bien des munitions.

Maigret exilé, Maigret fidèle à lui-même

Ce qu'il y a de pire dans la disgrâce et l'exil en Vendée, c'est que l'on perd ses habitudes du Quai des Orfèvres. Mais ce qu'il y a de bien dans le crime (mais aussi dans ses racines), c'est qu'il est universel et se fout des Capitales. D'ailleurs, bien souvent, le crime s'écrit, s'écrie, en minuscules.
Quand Didine, femme d'un douanier rencontré lors d'une affaire précédente, vient narrer la présence d'un mort dans la maison d'un juge à la retraite, le grand Jules Maigret s'ébroue et se rend sur place d'abord pour s'aérer les neurones. Il ne prend même pas de rechanges à l'heur de poser sa carcasse à l'auberge du coin. Le juge est un honnête homme qui héberge un mort dans une chambre et une fille un peu foldingue dans une autre. Le juge déclare qu'il n'a pas tué ce mort qu'il ne connaissait même pas de son vivant. Et Maigret le croit. Alors, qui est le coupable de ce meurtre dans cette maison étrangement calme ? Les tristes bougres du coin sont eux aussi des gens honnêtes. Sauf qu'ils gardent leurs secrets bien précieusement. Quand on les houspille, ils se referment bien souvent comme des moules. Normal au pays des boucheleurs, ces marins qui embarquent la nuit sur des acons, espèces de rafiots plats avant d'aller à la pêche aux moules, moules. Tout ça n'arrange pas un Maigret qui décèle une sombre mais banale histoire à mesure qu'il écoute les uns et les autres raconter les leurs d'histoires banales.
Lire un Maigret c'est accepter que les crimes ne sont pas exceptionnels ni l'œuvre d'un assassin machiavélique. D'ailleurs, Maigret ne s'intéresse pas aux tueurs en série. Existent-ils dans son monde ? Rien n'est moins sûr. Le meurtrier, le coupable, bien souvent est une personne simple qui agit pour des raisons simples. La trame de La Maison du juge respecte cette règle. Maigret observe. Maigret déduit. Maigret interroge. Maigret attend. Maigret se lève. Maigret s'en va. Enquête résolue. Mais Maigret ne juge pas. On le sent désolé pour le coupable qui à ses yeux semble plus victime que la victime. Et jusqu'à ce moment-là, nous lecteurs sommes happés par toutes ces petites histoires qui forment une autre histoire essence même de ce qui fait la vie. Simenon est un véritable décrypteur-conteur de la Vie.

Citation

Pendant plus d'une heure, il la tint comme un poisson au bout de la ligne. Elle pouvait aller et venir, entrer dans la cuisine, essayer de manger sur un coin de table, répondre à l'appel des clients, elle retrouvait toujours le regard paisible de Maigret.

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 30 septembre 2009
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