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lundi 16 juillet

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Roman - Policier

La Pluie de Néon

Vengeance - Gang - Trafic MAJ dimanche 31 janvier 2016

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 10,2 €

James Lee Burke
The Neon Rain - 1987
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Freddy Michalski
Paris : Rivages, janvier 2016
394 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-7436-3478-0
Coll. "Noir", 339

L'hubris naissante de Dave Robicheaux

Le lieutenant Dave Robicheaux surnommé Mèche Blonde par son partenaire Clete Purcel fait son apparition dans ce roman de James Lee Burke en date de 1987. L'homme vit sur une péniche et est membre de la criminelle de La Nouvelle-Orléans sous les ordres de l'intègre capitaine Guidrie. C'est également un ancien alcoolique repenti qui va être contraint de replonger et un collectionneur de disques de jazz (ce qui peut apparaître aujourd'hui comme deux jolis clichés). Dave Robicheaux, années 1980 obligent, est plutôt de la trempe de l'inspecteur Harry incarné par Clint Eastwood au cinéma. C'est un homme qui s'appuie sur la loi mais n'hésite pas à la transgresser quand il s'aperçoit qu'elle laisse des crimes impunis ou qu'elle risque de les laisser tels quels. Pour un peu, avec son discours sur la guerre et sur les armes, il ferait office d'ultra-conservateur. Pourtant, il abhorre les fachos de l'extrême-droite et déteste les gauchistes (et, dans son discours, un centriste est déjà un gauchiste).
Tout débute avec sa visite en prison au condamné à mort Johnny Massina. Ce dernier lui annonce que sa tête est mise à prix par les Colombiens. À partir de ce moment, tout s'enchaîne et c'est une très rapide descente aux enfers pour Dave Robicheaux. Son tort ? Avoir voulu enquêter sur la mort suspecte (à ses yeux) d'une jeune droguée noire - mort qui a été constatée en dehors de sa juridiction dans le bayou. Flics violents et véreux, agents des différentes agences gouvernementales, gangsters et mafieux qui jouent double-jeu sont autant d'adversaires qu'il va trouver sur son chemin. Sans compter les Affaires internes qui vont le mettre sur la touche et l'obliger à la jouer perso en dehors des sentiers balisés de la légalité (et il ne va pas se gêner). Cela ne va pas l'empêcher de croiser la route d'Annie au sens propre et au sens figuré, et celle d'un général deux étoiles qui a perdu son fils dans d'atroces conditions pendant la guerre du Viêt-nam (guerre que lui-même a fait et qui est en filigrane dramatique de ce roman). Surtout cela ne va pas l'empêcher de mener son enquête qui va le conduire peu ou prou à démanteler un trafic d'armes.
Tout ceci pourrait contribuer à une intrigue honnête de facture classique. Mais l'écriture de James Lee Burke est là, transcendante. Le roman est une ode à la Louisiane qui parsème ses petites touches sur la musique, l'atmosphère, la cuisine, les boissons, le climat, le paysage, le bayou, l'eau, la pêche... Étrangement, le roman se conclut comme si l'écrivain américain souhaitait se débarrasser de son personnage à l'hubris envahissante qu'il a pris grand soin de bien amocher avant de lui offrir un répit salvateur. Peut-être James Lee Burke ne savait pas encore que Dave Robicheaux était amené à le hanter pendant plus d'un quart de siècle. En tout cas, ce roman resurgit à l'instar de nombreux autres auteurs emblématiques cette année, qui est celle des trente ans de la collection "Rivages-Noir". Et c'est plutôt une bonne nouvelle !

Citation

Le jour où ces gens-là ne voudront plus jouer ni boire, nous nous retrouverons l'un et l'autre sans boulot. Entre-temps, suis le mouvement et laisse couler, frangin.

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 31 janvier 2016
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