Micron noir

SMERSH était l'acronyme russe de Smiert Spionem, "mort aux espions". Il s'agissait d'une vieille organisation soviétique créée par Staline pendant la Seconde Guerre mondiale, destinée à éliminer tous les traîtres de l'Armée rouge, mais également les espions... et les opposants... et les semblants d'opposants... et les presque contre... et les pas tout à fait pour... et aussi un peu les autres ! Bref, tout ce qui pouvait agacer les gencives du "petit Père des peuples" - et, en effet, le petit père dépeuple !
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mardi 18 septembre

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Roman - Thriller

Micron noir

Anticipation - Guerre - Drogue - Trafic MAJ jeudi 07 janvier 2016

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,9 €

Michel Douard
Paris : La Manufacture de livres, octobre 2015
264 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-35887-108-2

Kalachniloft story

Micron noir, de Michel Douard, offre un arrière-plan futuriste rarement utilisé en littérature policière. Dans son intrigue et dans un futur proche, les guerres ont été privatisées. Au lieu de se battre sur des champs de bataille, les soldats se livrent à leurs confrontations dans de gigantesques stades sportifs. Ces rencontres sont retransmises en direct et donnent lieu à la création de nouvelles stars médiatiques. Comme toutes les stars, celles-ci sont extrêmement bien payées, capricieuses et font parfois leurs divas. Mais, derrière ce décor à la fois science-fictif et glamour, se cachent des tares beaucoup plus contemporaines, ou peut-être même intemporelles. Les stars sont soumises à une pression croissante pour se battre et figurer parmi les meilleurs mondiaux. La solution la plus facile pour conserver du punch est simple : utliser des dorgues qui maintiennent en forme. Parmi ces dernières, figure le micron noir, nouveauté très performante. Et, là, Michel Douard revient en des terres plus classiques du roman noir. Il fait intervenir un joueur qui sert d'intemrédiaire entre les trafiquants et son équipe. Mais il y a entre le haut du trafic et les dealers de terrain de nombreux intermédiaires et, donc, autant de tentations possibles, d'entourloupes machiavéliques.
Le narrateur est un soldat qui reçoit la visite de Gros Luc, son ami et joueur vedette. Gros Luc a essayé de doubler un dealer et, en parallèle, ses supérieurs militaires. Il s'est même amusé à dégommer un joueur d'une équipe adverse en dehors du champ de bataille. Bref, il s'est mis dans de sales draps. Ajoutons pour faire bonne mesure que ses propres chefs servaient d'intermédiaires non pour eux mais pour le compte d'un groupe sectaire à l'intérieur du pays, désireux de prendre le pouvoir. Cela fait donc beaucoup de monde qui veut récupérer soit la drogue, soit l'argent, soit les deux. En prime, il y a la tête de Gros Luc. Pour le parrain de la nouvelle mafia, qui songe à se retirer, Gros Luc est aussi le dernier petit caillou à retirer de la chaussure.
Micron noir est un thriller rapide et nerveux qui joue sur la course-poursuite entre différents groupes. Le futur et l'arrière-plan prospectif permettent de montrer des armes puissantes et notamment le recours de presque tous à des drones pour espionner ou liquider les adversaires. Les personnages sont bien dessinés, certains même sortant un peu des cadres stéréotypés - le parrain de la mafia n'est pas sanguinaire et il rêve d'accumuler assez d'argent pour emmener son équipe se reposer et devenir rentière ; le narrateur ne sait comment se définir avec son père qui réprouve cette médiatisation de la guerre et un groupe qui tente de vivre une utopie (toute relative) en marge de la société. Autour d'un thème balisé, la variation, introduite entre autres par le décalage temporel, remplit son office de divertissement intelligent. Les qualités d'intrigue assorties au style de Michel Douard, font de Micron noir un roman subtil qui ne démérite absolument pas. C'est un divertissement intelligent.

Citation

Je hais ces putains de soldats, et ils me doivent de la thune ou de la dope. Même si on quitte bientôt le continent, j'en fais une question de principe. Je ne peux pas laisser le souvenir d'une Famille en carton.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 05 janvier 2016
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