Le Dossier Rodina

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lundi 26 juin

Contenu

Roman - Espionnage

Le Dossier Rodina

Géopolitique - Assassinat MAJ mardi 13 octobre 2015

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17 €

Patrick de Friberg
Paris : Nouveau monde, mai 2015
288 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-36942-154-2

Espion, lève-toi

À Riga, on découvre dans une cave un squelette de femme non identifié. François Carignac, le nouveau directeur de la DGSE, sait très bien de qui il s'agit : Mary, une jeune Russe liée à ses jeunes années et à l'échouage du sous-marin Whiskey 137 en 1981. Accident fortement lié à un jeune lieutenant du KGB, un certain Vladimir Poutine... Mais il soupçonne son bras droit d'être l'assassin afin de dissimuler un certain dossier Rodina, contenant les secrets des visées de la Russie sur la Lettonie. Et ce alors que les chars russes menacent la petite nation...
L'espionnage de Papa, lors de son apogée (quantitative et commerciale plus que qualitative) avait sa fonction : permettre, sous détours d'aventure, de comprendre un monde de plus en plus complexe où, à l'aube de la guerre froide, les alliances et les acteurs avaient changé. C'était aussi une formidable machine de propagande politichienne ne tenant en compte que la seule ligne claire de l'Occident forcément moralement supérieur et menacé par des hordes forcément barbares. Il est étonnant de voir qu'après une ère plus réaliste, exemplifiée par John Le carré et consorts, on en revienne à cette même ligne claire démagogique, bien aidée par des médias pour qui tout doit être blanc ou noir (les nuances tenant difficilement en un son de trente secondes), et même aidés par des pseudo-philosophes manichéens... Dans un tel contexte, le Russe est toujours le plus méchant, et si le bras armé du valeureux Occident œuvre de façon parfois douteuse, la fin justifie plus ou moins les moyens. La chute de SAS avec la mort de son auteur ouvre donc un boulevard aux auteurs, même si la lecture de Patrick de Friberg est loin d'être aussi caricaturale que celle de feu De Villiers (qui avait aussi traité de cette guerre avec toujours la même vision des méchants Russes héritée d'une époque révolue). Ce roman aux nombreux personnages, passant de la première à la troisième personne, est assez touffu pour créer le vertige propre aux romans d'espionnage et prend effectivement son camp par rapport aux positions officielles d'une façon que l'on imagine particulièrement documentée. La seule concession au modernisme est que le personnage de François Carignac n'est pas un super-espion, mais un homme "vieilli, bedonnant", comme il se décrit lui-même, qui se sert majoritairement de son intelligence et de ses connaissances (les scènes spectaculaires, et heureusement les tortures à la SAS, s'effacent devant le souci de réalisme). Par contre, inutile d'y chercher le frisson de l'exotisme, conformément à la doxa actuelle, tout est décrit en dialogue ou action factuelle sans la moindre description ou note d'atmosphère. Pas de doute, les amateurs du genre y trouveront leur compte. En revanche, sans jouer les Ayatollahs de la grammaire, on s'étonnera de trouver dans le texte des erreurs élémentaires qu'une simple révision d'éditeur auraient suffi à corriger... Attendons les autres épisodes de la série pour tenter d'y voir un peu plus clair dans un monde géopolitique en perpétuelle évolution. Les parutions promettent d'être plutôt rapides !

Citation

Hier comme aujourd'hui, le Russe était l'ennemi ou le grand frère. On était, ou l'on est, russophile ou Ukrainien, Letton, Polonais. Plus jamais les deux en même temps.

Rédacteur: Thomas Bauduret mardi 13 octobre 2015
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