On ne réveille pas un chien endormi

Il est persuadé que des milliers de suicides ont incubé dans la soupe puissante de ces réseaux sociaux où les trolls galopent sans frein et les injures volent sans trêve. C'est ça le vrai pouvoir de l'esprit sur la matière.
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jeudi 15 novembre

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Roman - Noir

On ne réveille pas un chien endormi

Politique - Social - Corruption - Urbain MAJ samedi 19 septembre 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,5 €

Ian Rankin
Saint of The Shadow Bible - 2013
Traduit de l'anglais (Écosse) par Freddy Michalski
Paris : Le Masque, septembre 2015
430 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-7024-4156-5
Coll. "Grands formats"

Calmer un chien avec une jolie salade

Difficile d'en finir avec un vieux policier car si on le chasse par la porte, alors il revient par la fenêtre. Prenez John Rebus, pourtant surveillé par l'équivalent écossais de la police des polices. C'est un personnage âgé qui mène ses enquêtes sans toujours s'occuper des pieds sur lesquels il marche. Tout le monde le croyait dans un placard doré mais il est de retour, à la criminelle, sous les ordres de son ancienne adjointe. Peu importe, il travaille et fait la seule chose pour laquelle il s'estime capable.
Au début de ce nouveau roman de Ian Rankin, il est envoyé pour un travail de simple routine. Une voiture est sortie de la route et la conductrice se trouve à l'hôpital. Mais le policier est de la vieille école et il veut à tout prix coller tous les morceaux de l'énigme ensemble. là, une chaussure posée près du siège passager lui pose problème. Il essaie d'en savoir plus et découvre qu'il vient de mettre le nez dans une sale affaire : la conductrice est la fille d'un magnat de l'immobilier qui n'hésite pas à utiliser des méthodes de gangster, et son petit copain est le fils d'un homme politique en vue en pleine campagne politique. Pour un policier de la trempe de John Rebus, ce ne pourrait être que de la routine, mais voilà que le passé refait surface. Alors qu'il débutait, il s'est retrouvé dans un commissariat dont les principaux policiers avaient parfois des façons particulières d'appliquer la loi. Une vieille affaire est en train de ressurgir qui pourrait causer beaucoup de soucis. Fox, de la police des polices, veut se servir de Rebus pour faire tomber les autres, sans savoir que notre policier a juré, sur la bible de l'ombre (évoquée par le titre original), de se taire...
Tout l'art de Ian Rankin éclate de nouveau dans cet opus : comment mélanger les fils de ces intrigues (des intrigues qui ne se recouvrent pas), au son des morceaux de musique qu'écoute son personnage récurrent ? Comment dresser d'autres personnages - tous plus ambigus les uns que les autres ? Que ce soit parmi les victimes, les agresseurs ou la police, chacun semble avoir des choses à cacher. Tous ces personnages secondaires acquièrent en quelques lignes une force et une présence remarquables : Fox, la femme d'un ancien collègue, les jeunes gens pris dans l'accident, le nouveau patron de Rebus.
S'appuyant sur des décors qui renforcent la mélancolie : zones abandonnées, parkings miteux, bords de fleuves nauséeux où les momies d'anciens crimes refont surface, pluies continuelles, et sur un arrière-plan qui renforce le côté triste (campagne pour le référendum de l'indépendance écossaise, bagarres sordides, liens de loyauté qui se distendent, retrouvailles de vieux amis qui n'ont plus rien à se dire, maladies qui condamnent à plus ou moins brève échéance), On ne réveille pas un chien endormi continue à rendre captivante cette intimité que nous avons avec John Rebus depuis des années. Ian Rankin (et à travers lui John Rebus) sait persévérer dans ses qualités sans se répéter.

Citation

Et tant que tu restes une affaire non résolue, tu peux être sûr d'une chose, c'est que je vais être ton plus gros souci.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 18 septembre 2015
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