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Roman - Espionnage

Le Billard à trois bandes

Géopolitique - Terrorisme - Infiltration MAJ mardi 15 septembre 2015

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 17 €

Christian Jalcreste
Nice : Vérone, décembre 2014
188 p. ; 21 x 15 cm
ISBN 979-10-284-0007-1

L'exaltante vie d'un espion

À imaginer le quotidien des agents secrets, le lecteur est souvent confronté à deux univers qui s'opposent : celui d'un monde hyper-sexué, violent, où les hommes de l'ombre courent et se tirent dessus, et celui plus feutré des romans de John Le Carré où tout bruisse, tout n'est que faux semblant, traîtrise et mélancolie. Mais il s'agit là de romans étrangers et la réalité française est peut-être différente. C'est ce que tente de montrer ce roman de Christian Jacreste, qui se veut le premier roman d'une éventuelle série. Pour ce faire, l'auteur aurait décidé de condenser en un personnage des aventures et des actions arrivées à plusieurs agents secrets.
Le Billard à trois bandes se concentre donc sur la naissance d'un espion. Une naissance qui semble laborieuse et ténébreuse. Le personnage central, le jeune Julien Du Rouve est représenté métaphoriquement par cette boule du titre, cette bille qui doit faire trois bandes pour finalement toucher sa cible. Mine de rien, c'est à un jeu de massacre du métier auquel nous convie Christian Jalcreste. Son héros est un ingénieur envoyé en Afrique. Sans s'en rendre, tout en prenant le parti des Africains, il va servir de jonction - d'intermédiaire - entre différentes factions qui préparent un coup d'État. Tout est non-dit, on ne sait s'il comprend le rôle qu'il a joué. Nous-mêmes avons l'impression d'avoir été menés en bateau dans ce périple africain d'un Européen au bon coeur. Dans le deuxième épisode, notre personnage est piégé dans un faux meurtre et est envoyé en Allemagne de l'Est pour exfiltrer une espionne emprisonnée dans un hôpital où elle est torturée ! Il y arrive, sans formation particulière, et sauve in extremis la jeune femme, pour découvrir en rentrant les ficelles du piège dans lequel il est tombé. Malgré cette marque de traîtrise, il s'engage alors dans les services spéciaux. Enfin, dans le troisième volet, il est envoyé au Liban. Redoutable sniper, il est chargé d'abattre un chef de clan, l'homme qui avait commandité un grave attentat contre des soldats français. Il comprend qu'il n'est que le pion entre deux groupes de cadres de l'espionnage français pour obtenir plus d'influence auprès du Président de la République. Ces trois opérations sont construites donc pour désenchanter : le personnage, un peu naïf, coincé, découvre le métier et essaie de le faire en conservant des valeurs morales alors qu'au-dessus de lui les agents déjà en place ne réalisent que des coups tordus contre leurs adversaires, voire leurs amis.
D'un point de vue stylistique, le récit aurait cependant gagné à être traité de manière plus solide : le récit est une suite d'informations, de descriptions, écrit de manière plate et où l'auteur effectue sans cesse des retours en arrière ou des avancées dans le temps. Beaucoup d'explications ralentissent le rythme. L'on se demande parfois, quand même, si le récit se veut réaliste, certaines actions décrites sont un peu étranges : pourquoi simuler la mort d'un officier pour envoyer un débutant en plein cœur de Berlin-Est récupérer une espionne (à moins que cyniquement, il ne soit décidé de sacrifier un pion inutile pour l'ennemi) ? Du coup, l'ombre de John Le Carré semble planer sans que le roman donne au billard ces coups géniaux qui font que la bille après une simple bande s'empoche directement et proprement.

Citation

Les deux hommes utilisent un appareil fonctionnant en bande latérale unique (BLU en français), pour une plus grande portée sans trop consommer de batteries. Ils ont fait des essais hier soir à Beyrouth.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 15 septembre 2015
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