Iris Picarde : embrouilles à perte de vue

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dimanche 15 septembre

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Roman - Noir

Iris Picarde : embrouilles à perte de vue

Ethnologique - Énigme MAJ mardi 15 septembre 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 10,9 €

Jean-Charles Fauque
Gudensberg-Gleichen : Wartberg, 0000
166 p. ; 20 x 12 cm
ISBN 978-3-8313-2827-7
Coll. "Polars en régions"

Ouragan-sur-Oise

Il aurait dû être écrivain, signer un grand livre, s'enrichir d'un contrat à Hollywood, mener une vie facile... Oui, il aurait dû si la vie se rêvait au lieu d'être réelle. Devenu rédacteur publicitaire, installé dans un village de l'Oise, veuf d'une mégère qu'il baptise encore "Le Tyran", gardien des chats qu'elle lui a laissés en héritage et qu'il déteste, amateur de jazz, client d'Amazon, buveur de vin blanc pour ne plus l'être de whisky, (re)fumeur à la cinquantaine bien sonnée, "fantasmeur" d'Amérique, dans l'attente d'un roman qu'il n'écrit pas, sentimental, naïf, proie idéale pour Iris.
Iris est cette jeune femme sublime (de celles qui sont toujours pour les autres) qu'il rencontre dans une librairie de Senlis. Elle l'aborde, ils discutent, s'échangent leurs coordonnées, il n'y croit pas, se sent pousser des ailes, une histoire d'amour avec cette magnifique créature ça serait... trop beau ! Oui, trop beau. Iris est une escort girl parisienne venue rendre visite à sa famille picarde (dit-elle). Bref, elle ne faisait ni plus ni moins que racoler. À éviter donc. Eh bien, non ! Notre héros (ou anti-héros) accepte de la recevoir chez lui et de casquer. L'occasion est trop belle. Elle est trop belle. Et tant pis pour l'amour propre ! Alors elle vient, puis elle repart. Puis elle rappelle, revient et lui demande s'il peut l'héberger quelques jours car elle a besoin de vacances, besoin de souffler, besoin de campagne. Elle s'est sentie bien chez lui. Elle le trouve gentil. Il accepte. Elle est trop belle, je vous dis. Quand elle est là, il ne touche plus terre. Quand elle n'est pas là, elle lui permet d'oublier son quotidien en se faisant un film, celui de sa vie rêvée. Rêver à son roman, à Hollywood et à la fortune qu'ils dilapideront ensemble... Elle repart et cette fois plus de nouvelles. Plus de nouvelles d'elle car rapidement tout un défilé de bons hommes se met en place. Et eux, des nouvelles ils en donnent. Il n'y a jamais eu autant de monde dans le patelin. Des flics, des douaniers, des voitures noires conduites par des Noirs et d'autres par des Blancs, qui tournent, qui s'arrêtent, qui retournent... Puis des visites à domicile. Au domicile de notre anti-héros (qui n'a vraiment pas l'allure d'un héros). On le menace, le met en garde, le laisse se dépatouiller, et bientôt on l'agresse. Mais pourquoi ? Paraîtrait qu'Iris, qui a complètement disparu de la circulation, aurait laissé quelque chose chez lui. Quelque chose que les flics, les douaniers, les Noirs, les Blancs aimeraient bien récupérer... Mais quoi ? Il n'en a aucune idée. Ce qui ne fait plus aucune doute c'est que l'amour ça coûte cher !
Dans un style simple et efficace, Jean-Charles Fauque (dont c'est le sixième polar. Il écrit par ailleurs des livres pour enfants et est également, comme son personnage, "rédacteur publicitaire") réussit à maintenir le suspense sur un rythme haletant. Il n'y a jamais de temps mort et on est pris par une histoire dispensée de tout parasitage inutile, de tout remplissage excessif ayant pour but de faire gonfler l'ouvrage. L'auteur va à l'essentiel et personnellement je l'en remercie car je ne me suis pas ennuyé une seconde. De même qu'il a su garder la ligne de conduite de son personnage, un pauvre type esseulé, qui n'attend plus rien de la vie et qui se retrouve plongé dans une histoire qui le dépasse complètement, tout ça parce qu'il a voulu s'offrir un peu de bonheur avec une jolie femme, et un nouvel élan pour ses rêves de grandeur. Rêves dont il sait bien qu'ils ne se réaliseront jamais, mais dont il a besoin pour survivre. Son comportement de soumis (dans le sens qui subit) est à mon sens très juste et j'avoue que j'aurais été déçu si au contact des ennuis qu'on lui promet puis qu'on lui cause, il s'était découvert un courage et une intrépidité venus de je ne sais où !
C'est la ligne éditoriale chez Wartberg que de donner la part belle aux régions tout en respectant la tradition du polar avec la collection "Zones Noires". Avec Iris Picarde : embrouilles à perte de vue, Jean-Charles Fauque remplit tout à fait le contrat puisqu'il parvient parfaitement à nous dépeindre l'Oise (Dieu merci, sans nous gaver de détails à n'en plus finir que ça en devient écœurant comme en demandent en général les incompétents des conseils régionaux en contrepartie d'une aide financière) tout en nous offrant une intrigue bien ficelée qui nous tient en haleine de la première à la dernière page.

Citation

On ne peut pas baiser sans aimer. Ne serait-ce qu'un quart de seconde. Un instant, celle qu'on pénètre, là, un instant au moins, on l'aime. La baise copain-copain, ça n'existe pas.

Rédacteur: François Legay mardi 15 septembre 2015
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