La Mort était servie à l'heure

Pourquoi fallait-il que tout soit blanc ? Le salon de Samir, sa cuisine, même ses voitures. Pourtant, il ne portait que du noir. O'Clair ne l'avait jamais vu autrement. Pour lui, Samir était le Johnny Cash Chaldéen.
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Roman - Noir

La Mort était servie à l'heure

Braquage/Cambriolage - Gang - Complot MAJ jeudi 13 août 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 14 €

Jack Narval
Orléans : Pavillon noir, mai 2014
416 p. ; 20 x 12 cm
ISBN 978-2-917843-26-0

Murder scones

Peter est un drogué londonien, qui s'est fait voleur pour assouvir son vice et ainsi obtenir les doses dont il a besoin. Tout va pour le mieux quand un jour, par malheur pour lui et évidemment sans le savoir, il de dérobe un superbe objet d'art à un certain "colonel". Cet objet n'a pas seulement une valeur sentimentale, il contient, caché en lui, une clé USB, très importante. Le colonel envoie donc ses sbires rechercher Peter. Mais Peter est un homme de ressources et il réussit à fuir tout en décidant de changer radicalement d'air et d'aller sur la côte. Là, il espère fouiller les petites maisons des retraités et se refaire une santé financière. C'est alors qu'il tombe dans un piège. Sans nouvelles de lui et décidée à le retrouver, sa sœur se rend sur la côte et sur sa piste sans se douter que les hommes du colonel rôdent. Dans la petite bourgade de Rustington, où l'essentiel de la population semble s'inviter les uns chez les autres pour le thé ou organiser des œuvres de bienfaisance, bien des secrets se cachent. Surtout chez les Spencer...
L'idée de départ est somme toute amusante : lassées de se faire cambrioler, des personnes âgées mettent en place un système de surveillance, puis piègent leurs maisons. Au bout d'un moment, elles regrettent que leurs pièges ne servent pas et provoquent le destin en attirant les cambrioleurs afin d'assouvir leurs passions sadiques. Cela permet à Jack Narval, l'auteur de ce roman, un grand moment de méchanceté pure où les vieux s'amusent à découper en morceau un cambrioleur tout en sirotant leur thé. Nous ne sommes pas loin d'Arsenic et vieilles dentelles. Et c'est justement un système bien huilé, qui pourrait fonctionner sans accroc, sans l'arrivée de Peter, cambrioleur assez récalcitrant, sans sa sœur qui mène l'enquête en digne héritière de Miss Marple, la vieille détective d'Agatha Christie et surtout sans la bande du colonel. Tout cela transforme l'atmosphère glauque qui aurait pu naître en comédie à l'anglaise - dans la lignée de ces films britanniques anciens comme Noblesse oblige ou Le Tueur de ces dames. Le piège fonctionne comme une gigantesque attraction de foire, un système à la Fort Boyard, un de ses bricolages que décrivait le Marquis de Sade pour s'exciter durant ses longues soirées en prison ou à l'asile.
Sur cette trame assez simple, boulevardière, La Mort était servie à l'heure se déroule avec quelques personnages jusqu'au final, qui achève la comédie noire de belle façon. Amusante série B., revendiquée comme telle, le roman se lit rapidement, dans la joie contagieuse d'un fantasme d'enfant sadique, sur fonds de musique rock anglaise des années 1960. Une pastille extrêmement rafraîchissante.

Citation

C'est dommage de lui avoir tranché une artère si tôt, tout cela à cause d'un outil mal taillé. Je propose donc l'acquisition d'un affûteur électrique.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 12 août 2015
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