Battues

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lundi 22 octobre

Contenu

Roman - Noir

Battues

Ethnologique - Vengeance MAJ lundi 29 juin 2015

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17,9 €

Antonin Varenne
Paris : La Manufacture de livres/Écorces, juin 2015
278 p. ; 20 x 14 cm
ISBN 978-2-35887-106-8
Coll. "Territori"

Façon puzzle

Difficile de parler de Battues, le sixième roman d'Antonin Varenne, coédité par les éditions Écorce et La Manufacture éditions dans leur nouvelle collection commune "Territori", et sorti le 5 juin dernier.
Difficile de par sa construction, d'abord. Le récit se fait suivant un calendrier sur lequel un petit rigolo se serait amusé à mélanger les dates. Ce qui en soit n'est pas une mauvaise idée sauf que déjà le présent de l'histoire est parsemé d'infos qui nous viennent du passé et qui sont là pour nous permettre d'entraver le présent... Vous suivez ? Ben vous emballez pas parce que c'est pas fini. Si encore il n'y avait qu'un seul personnage à suivre dans ce méli-mélo, Rémi le garde-chasse qu'à le rôle principal par exemple, mais non, y en a plusieurs... avec pour tous leurs présents à chronologie bordélique et leurs passés qui expliquent leurs présents à chronologie bordélique... Vous suivez vraiment ? Ok, j'ai compris, je résume : il y a des flashbacks du présent dans le présent mais aussi des flashbacks du passé dans le présent. Du coup, là, je vous donne l'impression que ce bouquin est illisible et je vous ôte sûrement toute envie de le lire... Alors je m'en excuse. Oui, je m'en excuse parce que la vérité c'est que ce livre est bon. Il est bien écrit, l'histoire, quand on arrive enfin à la remettre dans l'ordre, est bien gambergée (même s'il y a quelques frustrations), il y a un vrai univers, un vrai auteur dont à l'occasion on ne manquera pas d'aller loucher un peu sur ses autres œuvres, et un tour de force assez spectaculaire (qui répond c'est vrai à la demande de la collection "Territori" mais encore faut-il savoir le faire) de nous emmener dans la cambrousse française à la manière de certains auteurs ricains qui aiment parfois à quitter la noirceur des villes pour nous offrir l'angoisse de la verdure campagnarde qui s'étend autour d'un charmant petit village où on se dit, tant qu'on ne s'y arrête pas, qu'il doit faire bon y vivre. Sauf que dans ce bled, y a le drame qui couve. Le drame qui a bien pris le temps de mûrir et qui s'est gavé de rancunes, de jalousie, de mesquineries, de ces haines familiales qui peuvent vous aider à reconstituer votre arbre généalogique et celui de votre voisin... Bref ce que sait très bien faire un mec comme Stephen King, notamment. On pense également, y compris dans la forme du récit, au regretté Jean Vautrin disparu dernièrement et à son Canicule. Ainsi qu'au Haut-fer de José Giovanni because l'intrigue se situe dans une région forestière qui n'est pas là que pour faire un joli décor ou pour vous inciter à terminer l'herbier que vous aviez commencé en cinquième !
Non, en fait, rien n'est laissé au hasard par l'auteur qui nous a donc concocté un thriller rural à la mécanique bien huilée ou, pour rester dans le champ (Ah ! Ah ! Ah !) lexical de la cambrousse, au scénario plein d'engrais. En effet, ça pousse de tous côtés. Ce qui m'amène à la deuxième raison pour laquelle il est difficile de parler de ce roman : si je vous en dis, je risque de vous en dire trop.
Sachez seulement que le héros (Rémi le garde-chasse donc) a été défiguré suite à un accident agricole vingt ans plus tôt (ici, commence les allers-retours avec le passé qui associés avec le passé dans le présent font que moi, perso, j'ai eu du mal à suivre et à entrer dans l'histoire, d'où l'a priori négatif qui se dégage au début de cette chronique), que son père à été dépouillé de ses biens par une des deux familles à pognon qui règnent en maître sur le village, les terres, l'industrie, la mairie, enfin qui règnent, quoi ! Que la plus belle gonzesse de la région, fille de celui qui a ruiné son père justement, vient de revenir après huit ans d'absence, qu'avec le Rémi ils se tournent autour depuis belle lurette mais que le frère de la demoiselle ça lui plaît pas que sa frangine se fasse reluire par un pouilleux qu'à une gueule à sortir sans masque pour Halloween, et qu'un autre type, fils de la seconde famille à pognon, qui la culbuterait bien la Michèle (car elle se prénomme Michèle) ça le rend aussi un tantinet nerveux sur les bords cette amourette à tel point qu'il enverrait volontiers son concurrent s'installer au cimetière pour une durée qui démoderait le bail en 3, 6, 9. Sachez aussi que Philippe (l'ami écolo de Rémi) a disparu dans la forêt, qu'on s'attend à le retrouver... sous forme de macchabée, que de toute façon il y a des cadavres, des coups de fusil, des incendies, des règlement de compte, des vieux comptes à régler qui remontent au temps des grands-parents, des terrains qui prennent de la valeur immobilière, des flics qui interrogent, des racontars, des bagarres, des menaces, enfin tout ce qu'il faut pour vous emmener en balade du coté de chez polar.
Bref, à lire si vous aimez que le samedi on vous explique ce qu'il s'est passé le mercredi en vous racontant d'abord ce qui en a découlé le vendredi.
Non, je déconne, à lire quand vous aimez l'action, les intrigues bien ficelées et que vous avez les idées claires.

Citation

Vous avez discuté avec Rémi, parlé de votre histoire commune, du passé. C'est bien ça ? Je me demande seulement si, quand vous évoquez ensemble le passé, vous parvenez à éviter le sujet de vos familles et des rivalités qui existent entre elles depuis si longtemps.

Rédacteur: François Legay jeudi 25 juin 2015
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