Nuit d'orage à Copacabana

Elle ne tient pas debout, mon histoire. Pourtant, j'y pense sans arrêt et, de temps à autre, je ne peux pas m'empêcher d'en parler tout seul. Tout seul, oui, comme un vulgaire cinglé. Je la repasse en revue, de A jusqu'à Z, mais, peu à peu, le tableau se brouille, et je finis par ne plus rien voir du tout, et je continue à ne pas comprendre pourquoi les choses se sont passées ainsi. C'est exactement comme si j'essayais de peindre un portrait avec de la fumée.
Bill Ballinger - Version originale
Couverture du livre coup de coeur

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jeudi 15 novembre

Contenu

Roman - Policier

Nuit d'orage à Copacabana

Social - Urbain - Procédure MAJ mardi 02 juin 2015

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,8 €

Luiz Alfredo Garcia-Roza
Espinosa sem saide - 2006
Traduit du portugais (Brésil) par Sébastien Roy
Arles : Actes Sud, février 2015
246 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-330-03906-6
Coll. "Actes Noirs"

Columbo dans la samba

Évidemment, tout de suite, évoquer le Brésil et plus particulièrement Rio De Janeiro, c'est se mettre des images plein la tête - le soleil, le farniente, le carnaval, le Christ dominant la ville, le football, les plages... Mais c'est aussi évoquer la misère, les favelas, le trafic de drogue et aussi les disparités entre méga-riches et hyper-pauvres. Il y a un peu de tout cela dans le roman de Luis-Alfredo Garcia-Roza : une sexualité qui irrigue le texte, des quartiers où les nouveaux riches fêtent la rénovation de leurs appartements, des psychanalystes jolies, mariées à de ténébreux architectes. Face à eux, un SDF unijambiste qui grimpe les rues pentues de la ville avec peine, et des enfants qui se battent dans les rues. Entre les deux mondes, la police faite de petits corrompus, inspecteurs honnêtes qui joignent difficilement les deux bouts et doivent alléger leurs repas non pas pour rester maigres mais pour avoir de quoi payer leurs tickets de bus. Parfois ces mondes dissemblables s'interpénètrent. Lorsque le SDF est retrouvé abattu d'une balle de revolver dans la tête et dans une impasse , cela ne devrait pas laisser de trace. Sauf qu'il a été tué à proximité d'une villa où se déroulait une petite soirée entre amis. Les riches occupants auraient-ils vu quelque chose ? Pourraient-ils être complices, voire coupables ? Parmi les invités Aldo Bruno, au comportement étrange, et sa femme psychothérapeute retrouvée, quelques jours plus tard, morte et nue dans son cabinet du quartier huppé d'Ipanema. De quoi compliquer la situation. Pour démêler les fils de cette sombre histoire, Luis-Alfredo Garcia-Roza a inventé un commissaire aux traits composites. Espinosa est un homme divorcé, qui vit une passion occasionnelle. C'est également un passionné de livres qui ressemble à Columbo avec sa manie des détails, recherchant la vérité dans le recoupement incessant des interrogatoires informels. Surtout, Espinosa est humain et veut travailler avec deux adjoints qu'il sait être honnêtes. Il veut rendre la justice aussi pour les SDF tués sans raison et il en a d'autant plus l'envie que le crime a souillé un endroit où il jouait enfant. Le roman ne se centre pas sur le personnage du policier, ni sur ceux de ses adjoints, sorte d'ectoplasmes chargés de rapporter des indices et des preuves, mais ouvre largement ses pages à Aldo Bruno, sa femme et sa maîtresse pour mieux cerner son caractère, sa psychologie (peut-être même sa pathologie). Le tout forme un récit policier de facture extrêmement classique, au déroulement factuel traditionnel, tout comme une enquête à la Columbo. À réserver donc aux inconditionnels de ce genre d'intrigues, bien construite, intemporelle et peut-être même a-spatial, car elle pourrait se dérouler dans n'importe quelle métropole mondiale.

Citation

Je n'émets aucun jugement de valeur sur son comportement, j'essaie seulement de délimiter un cadre dont certains aspects me demeurent encore obscurs.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 01 juin 2015
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