Dust

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Roman - Policier

Dust

Ethnologique - Tueur en série - Trafic MAJ mardi 14 avril 2015

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,9 €

Sonia Delzongle
Paris : Denoël, avril 2015
508 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-207-12441-3
Coll. "Sueurs froides"

Se faire des cheveux blancs

Dust est le terme anglais qui signifie poussière. Le récit de Sonja Delzongle se déroule en Afrique et régulièrement au long de l'intrigue, les protagonistes vont se déplacer soulevant des nuages de poussière. La poussière, c'est aussi cette couche grise qui recouvre des croix sanglantes tracées sur le sol kenyan. Un tueur en série kidnappe ses victimes, les vide de leur sang puis dessine des croix aléatoirement. Question angoissante pour les habitants : mais où sont passés les corps ?
La réponse est peut-être dans les pages de la Bible, car de nombreux prêtres, pasteurs et autres prédicateurs ponctuent ce roman en rappelant que nous ne sommes que poussière. La poussière, c'est aussi ce que l'on obtient en broyant des produits pour fabriquer des remèdes. En Occident, nous fabriquons surtout à base de molécules et de produits chimiques. L'on croyait que les pays plus traditionnels utilisaient plantes ou parties d'animaux (le commerce illégal des défenses d'éléphant par exemple), mais Sonja Delzongle, ici, évoque une autre forme de médication, à partir d'humains. Car en Afrique aussi naissent des albinos, et ils sont plutôt mal vus au sein des communautés locales. Cependant, les parties de leurs corps correctement broyées peuvent servir d'éléments fondamentaux pour la mise au point de potions magiques ou autres talismans.
Face à cette double menace, celle d'un tueur en série et d'une association criminelle de grande ampleur qui contrôle le marché des trafics d'organes Collins, le chef inquiet de la police, ne sait que faire. De plus, des raisons personnelles le poussent à défendre les albinos, victimes des préjugés. En désespoir de cause, il appelle donc à la rescousse Hanah Baxter, une profileuse française, afin de démêler les fils complexes de cette aventure.
Dust est construit non pas comme un roman policier traditionnel où les fils disparates s'organisent dans un final où tout se révèle, mais comme des matriochkas, ces poupées russes qui s'emboitent. Chaque découverte, qui devrait amener à résoudre l'affaire, en dévoile certains pans et en complexifie d'autres. Le tueur en série est un homme qui poursuit un but pour lequel il est payé - les victimes sont dépouillées de leurs organes (c'est pour cela qu'il retire le sang), et il fait disparaître les corps pour éviter que l'on comprenne justement ce but. Mais dans le même temps, il poursuit ce but en y prenant un grand plaisir et en le maquillant sous des aspects de religiosité, ce qui fait de lui quand même un véritable tueur en série démasqué rapidement grâce au profilage de Hanah Baxter, mais la suite de cette enquête révélera derrière une organisation de trafics d'organes. Et derrière, il y a encore d'autres choses...
Sonja Delzongle tente de donner corps à ses personnages, mais quelques détails restent stéréotypés, comme pré-mâchés par l'univers télévisuel (l'adjoint du chef, un peu borné et qui ne supporte pas Hanah Baxter, le policier dont l'épouse est justement la directrice d'un centre protecteur d'enfants albinos, un grand ponte du crime organisé qui est aussi un savant fou, descendant d'une famille de nazis tous aussi savants fous). Toutefois, Dust permet de présenter aussi des faits horribles connus (la violence endémique du continent avec ses disparités sociales effrayantes) ou peu développées dans nos journaux (la vie des minorités albinos en Afrique) à l'intérieur d'une intrigue plaisante, rebondissante, qui sait créer son suspense et son besoin de faire tourner les pages pour en savoir plus.

Citation

Dans les rues, on frôlait l'étrangère, on la bousculait de tous côtés, parfois volontairement, pour attirer son attention, lui soutirer quelques shillings ou simplement par provocation.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 14 avril 2015
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