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Contenu

Roman - Espionnage

1962

Historique - Géopolitique - Guerre MAJ dimanche 05 avril 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,9 €

Bernard Besson
Paris : Odile Jacob, janvier 2015
300 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-7381-3221-5
Coll. "Thriller"

Vague de chaleur sur la guerre froide

Toutes les personnes qui sont passées, à un moment ou à un autre, par une école ont entendu parler de l'histoire de la Baie des Cochons, de Fidel Castro et de la crise de missiles. Certains, plus intéressés par les polars et les thrillers, ont lu et dévoré les romans que James Ellroy a consacré à cette période historique. Mais toute cette histoire n'est qu'un gigantesque écran de fumée, et le roman d'espionnage écrit par Bernard Besson décentre l'intrigue vers Paris, véritable nœud de cette crise.
Au cœur de cette histoire, Otto Heiner, le fils d'un éminent savant et traducteur, lui même spécialiste de langues quasi mortes des peuplades asiates de la Sibérie, engagé dans la Légion. Le récit va décrire avec soin un homme à facette, un véritable kaléidoscope de son époque : est-il soudoyé par les Américains pour espionner en Algérie ? Fait-il juste son service de légionnaire ? N'est-il pas un membre opérationnel hautement qualifié de l'OAS ? Glissant comme une anguille, sait-il même lui-même pour qui il travaille ? Toujours est-il qu'il devient l'enjeu du monde car les Soviétiques utilisent un nouveau code secret basé sur une langue inconnue, dont il est peut-être le seul à comprendre le sens. Aussi, il est arrêté et enfermé dans une villa parisienne, prêté aux services américains pour traduire ce qui devrait empêcher que la guerre froide ne devienne trop chaude...
Dans ce très dense roman, tout le talent de Bernard Besson se concentre sur ce personnage, à travers lui, sur les différentes services secrets. Visiblement, le but n'est jamais de faire gagner son camp, mais de lui procurer quelques points d'avance dans la lutte interne que se vouent les cercles du pouvoir. C'est tellement bien agencé que l'on s'aperçoit comment chacun préférerait faire perdre son pays plutôt que de laisser gagner une autre officine de son propre pays ! Cela donne une atmosphère d'hystérie et de schizophrénie impressionnante.
On suivra ainsi la lutte entre les services secrets "civils" et militaires soviétiques ; les démêlés entre les agents de la CIA et ceux de la NSA (dont certains sont d'ailleurs peut-être des agents doubles travaillant en sous-main pour la Russie), sous l'œil narquois des gaullistes. À cet égard, différentes révélations, qui relancent une intrigue déjà survitaminée, sont autant de petites bombes.
Là où certains auteurs américains pondraient des séries monumentales, Bernard Besson fait "vite" le tour, sans négliger situations et personnages, dans un récit dense, cynique et joyeusement amoral.

Citation

Je crains qu'Otto ne se soit retourné tout seul et travaille pour son propre compte. Cela fait neuf ans qu'il est dans l'armée française. C'est plus qu'il n'en faut pour avoir des idées.

Rédacteur: Laurent Greusard samedi 04 avril 2015
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