Substance

Et dès qu'on la laissera sortir, elle arrêtera de prendre ses médicaments et se remettra à tuer des gens. Dieu m'est témoin que les individus comme elle sont tels le cancer. Le seul moyen de s'en débarrasser est de les éliminer.
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mercredi 26 septembre

Contenu

Roman - Thriller

Substance

Médical - Mafia - Drogue - Urbain MAJ vendredi 13 mars 2015

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,9 €

Philippe Kleinmann & Sigolène Vinson
Paris : Le Masque, février 2015
440 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-7024-4167-1
Coll. "Grands formats"

Au cœur des opérations

Au début du XXe siècle, la littérature de genre se voulait vivante et dynamique, et avait pris comme modèle le roman feuilleton. Celui-ci, parfois avec malice, parfois par rapidité, ouvrait des pistes, lançait des possibles, surfait sur les modes et les idées, piochait partout de quoi relancer ses intrigues. Parfois même le réalisme ne semblait pas faire partie de son vocabulaire. Les mœurs ont évolué et le roman-feuilleton, les aventures trépidantes de Fantômas ont disparu, même si la télévision, entre ses feuilletons et ses séries, a sans doute relancé le phénomène. Mais certains écrivains ont gardé le goût de cette démesure et de cette vitalité débordante, celui de foncer, de blesser leurs personnages pour les rendre encore plus forts, de créer des zones d'ombre, des recoins où les méchants peuvent assouvir des penchants inavouables ou mener des expériences effrayantes, où les savants fous côtoient les médecins altruistes, et où les pires membres de la mafia conservent un côté fleur bleue.
C'est ainsi que dans Substance, le lecteur aura le droit à une course-poursuite dans une rame de métro-RER avec grenades et explosions tonitruantes, un savant qui sillonne de nuit la ville avec une ambulance pour kidnapper de frêles proies sur lesquelles il veut tester une nouvelle méthode opératoire, des médecins qui font des heures supplémentaires pour aller chercher des jeunes filles torturées au fin fond de l'Albanie, une guerre des gangs pour contrôler le nouveau marché d'une cocaïne qui ne trouve pas ses racines en Amérique latine. Du coup, au milieu de coïncidences qui font se croiser des personnages qui ne devraient jamais se rencontrer, Philippe Kleinmann et Sigolène Vinson dressent des portraits à la fois crédibles et vivants comme ce jeune musicien drogué, ce médecin qui croit en son métier, ce policier, ces truands très attachés à leur "petite sœur", ce savant fou et son complice, ces hommes de main et surtout cette tueuse à gage.
Le style se plie au rythme effréné du texte, sautant d'un personnage à l'autre et d'un rebondissement à l'autre avec une énergie d'autant plus dingue que la moitié du roman se passe dans les couloirs d'un hôpital où chacun panse ses blessures... Substance oscille sans cesse entre les obsessions des uns (la drogue, le pouvoir, la reconnaissance d'un père, l'amour...) et le concret des autres (conserver son petit commerce, jouer de la musique, regarder les oiseaux au dessus de Paris) pour dresser une description un peu folle et feuilletonesque d'une ville qui bouge et qui se convulse. Bref d'une ville qui vit.

Citation

Hiro le vit sortir des grenades de son sac. Le Mexicain se signa et les dégoupilla. Au moment où le train entrait en Garde du Nord, la déflagration éventra la motrice dans un vacarme assourdissant.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 13 mars 2015
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