Un automne en clair-obscur

Oui mais il se passe autre chose cette fois-ci. Les interdictions. Les interdictions meurent. Les lois des mœurs disparaissent, puis les méfaits et les crimes. Pour se débarrasser du crime, il suffit de changer les lois. Aucune loi contre la vente de drogue, la drogue n'est pas un crime. Aucune loi contre les braquages, il n'y a plus de braqueurs. Combattre le crime devient très facile. Laissons les connards changer la loi et elle se débarrassera du crime. Ils ne peuvent pas se débarrasser du mal. Les lois changent, pas les hommes. On ne se débarrasse jamais du mal.
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Roman - Thriller

Un automne en clair-obscur

Social - Énigme - Complot MAJ vendredi 27 février 2015

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,5 €

Martine Delomme
Paris : Calmann-Lévy, septembre 2014
316 p. ; 24 x 15 cm
ISBN 978-2-7021-4468-8

Crème briviste

La vie de Claire Brunet est bouleversée le jour où son mari Henri Brunet, entrepreneur de Brives-la-Gaillarde, est plongé dans le coma suite à ce qui ressemble à un accident de chasse, puisque la balle a été tirée de son propre fusil. Déjà mère d'un premier mariage, Claire attend l'enfant d'Henri... C'est le moment que choisit Olivia, l'ex-femme de Henri, pour refaire surface. Elle commence à la harceler tout en mettant la main sur l'entreprise familiale. Claire s'aperçoit qu'Olivia avait un rôle bien plus important qu'elle ne le croyait dans la vie de son mari. Mais pourquoi un tel acharnement ?
Un automne en clair-obscur est un roman composite de Martine Delomme qui tient du suspense domestique - où un élément extérieur vient perturber la quiétude d'un couple propre sur lui invariablement de la classe moyenne -, et du roman de littérature générale, voire sentimentale. Nul doute que le regretté Claude Chabrol eût apprécié ce roman basé sur les turpitudes de cette bourgeoisie de province qu'il affectionnait avec un petit parfum d'années 1970 pas déplaisant... Loin du sturm und drang du thriller industriel, Martine Delomme préfère la crédibilité et asseoir son roman dans la réalité la plus crue. Ce qui signifie qu'il faut également suivre la vie quotidienne d'une femme ordinaire luttant avec des questions de tout les jours, femme dont la conclusion n'est pas loin du classique "Had I but known" ("Si j'avais su"). Et si l'on a parfois l'impression de se retrouver en face d'un téléfilm du samedi après-midi, elle a l'avantage de ne pas étirer ses situations pour noircir de la page et sait maintenir l'attention. Plus petite musique que grandes orgues, donc.

Citation

Sa grand-mère avait peu demandé à la vie. Sinon de la traverser le plus sereinement possible, sans exigences superflues mais en donnant beaucoup.

Rédacteur: Thomas Bauduret jeudi 26 février 2015
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