Les Grandes affaires criminelles du Languedoc Roussillon

Qui vous a autorisés, vous des scientifiques prétendument hyper intelligents, à faire de telles conneries ? Qu'est-ce qui vous donne le droit de nous mettre tous en danger ?
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Essai - Policier

Les Grandes affaires criminelles du Languedoc Roussillon

Assassinat - Faits divers MAJ lundi 08 décembre 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 26 €

Marie-Pascale Vincent, Jean-Michel Cosson, Jean-Philippe Savignoni & Gisèle Vigouroux
Riom : De Borée, novembre 2014
440 p. ; 25 x 17 cm
ISBN 978-2-8129-1314-3
Coll. "Histoire et documents"

... abreuve nos roux sillons

Voilà un gros digest des recueils des "Grandes affaires criminelles" de la Lozère, de l'Aude, de l'Hérault, des Pyrénées-Orientales et du Gard en couverture rigide d'un kilo et trois cents grammes : bien pratique pour assommer sa vieille grand-mère avant de la pousser dans le feu. La moitié du tome concerne des affaires du XIXe siècle (sauf la première sur La Bête du Gévaudan, de 1764 à 1767), autant dire que les grands-mères sus-nommées, les grands-pères, et les familles de paysans isolés passent de sales quarts d'heure tout comme les passagers de diligences. À l'intérieur des maisons, l'ambiance dégénère en parricides et meurtres entre époux. L'empoisonnement est ici bien représenté. Après l'alcool et l'appât du gain, le sexe motive les nombreux viols et histoires d'amants maudits. À parcourir ce terroir criminel, une certaine lassitude s'installe due sans doute aux récits d'enquêtes semblables où l'assassin bas de plafond va boire son larcin dans une taverne et cache à peine ses vêtements tachés de sang. Beaucoup d'auteurs ont à cœur de détailler les procès avec les interventions des témoins principaux, du juge et des avocats. Parfois, pour varier, ils débutent leur histoire par l'exécution mais, au final, cet ensemble de faits divers du XIXe tombe dans une certaine routine même si, comme dans le "Quintuple meurtre à Formiguères", l'assassin ne regarde pas à la dépense. On notera deux chapitres sur les bagnes d'enfants et l'impact de l'immigration espagnole et italienne. Cette dernière conduira même à de sanglants affrontements dans les salins d'Aigues-Mortes entre ouvriers français et italiens en 1893.
Un trop long texte intitulé "Aux sources du crime" raconte le périple et le séjour de Marguerite Malmont à Amélie-les-Bains où elle sera étranglée par son mari Jean-Alexandre Hébrard qui, plusieurs années après, violera une petite fille à Montpezat avant de finir décapité en janvier 1910. "L'Empoisonneuse de Saint-Gilles", Antoinette Sierri, est recensée sur les sites Internet anglo-saxons comme serial-killeuse. L'Italienne agit au grand jour, achète "le produit arsénieux" à l'épicerie, et ne se fait coincer qu'à la sixième victime en trois mois, en 1925. Elle accuse de complicité une amie qui sera innocentée. On s'interroge sur ses motivations car toutes les victimes étaient pauvres. Elle aussi devait être très bas de plafond. Étonnante histoire que celle du "Mas Maudit" "où le crime appelle le crime, comme une fatalité", une belle propriété "autrefois isolée au milieu de la garrigue" et désormais "dans la banlieue ouest de Nîmes, rue des Fusains, à deux kilomètres du centre-ville". Au début du XIXe siècle, son propriétaire se suicide ; en 1914 une jeune fille est grièvement blessée à coups de couteau par son amoureux ; à Noël 1945, le fermier, sa femme, un fils et une fille sont abattus et égorgés, seule une petite, mal égorgée, en réchappe ; en 1969, la nouvelle propriétaire porte plainte contre ses deux fils pour tortures. Après bien des péripéties, elle finira la gorge tranchée d'un coup de pelle en 1984 tandis que l'un de ses fils est abattu par son frère en 2006. C'est Amytiville dans le Gard !
En 1949, les nommés Fournial et Vève perpétuent les crimes du siècle dernier en tuant un jeune docteur attiré dans un guet-apens. Ils seront les derniers exécutés de l'Hérault tandis que le père de la victime, interdit de présence, assiste à la double mise à mort du haut du clocher de la cathédrale Saint-Nazaire après avoir soudoyé le bedeau. Après l'histoire d'une cantatrice pas contente qui incendia l'opéra de Nîmes en 1953 voici un autre empoisonneur, Robert Brunel, dit Bobine, qui décima sa famille au Pyralumnol en 1954 et un autre appelé P. C. en 1956 (pourquoi donne-t-on le nom du premier et pas du deuxième ?). L'affaire Luc T. "a défrayé la chronique dans les années 1980", avec un accusé de plus d'une dizaine de viols. Bénéficiant d'un formidable élan de soutien de politiques, journalistes et écrivains qui le jugent innocent, il est quand même condamné à quinze ans de prison avant de sortir après une grâce présidentielle. Mais les viols de deux Américaines vont précipiter une nouvelle chute et, par là-même, démonter que les deux mille membres de son comité de soutien avait tort. Yves D. organise un machiavélique scénario à l'assurance-vie avant d'être retrouvé, méconnaissable après plusieurs opérations de chirurgie esthétique.
Le recueil se conclut sur l'histoire du violeur de petites filles Christian Van Geloven, celle du ou des dépeceurs de la gare de Perpignan, celle de Patrick Tissier et enfin, celle, incroyable et pleine de ramifications (notamment avec l'affaire du Docteur Godard) du meurtre du leader syndical Christian Poucet en 2001...

Citation

Pour empoisonner ma grand-mère paternelle, ce fut plus délicat, car elle ne buvait pas de café à la fin de son repas.

Rédacteur: Michel Amelin lundi 08 décembre 2014
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