Mistral cinglant

Les cadavres lui foutaient toujours un peu les jetons, ce qui m'a toujours semblé surréaliste. Un mort est calme, silencieux, parfaitement immobile, parfaitement inoffensif. Jamais il ne bougera, ne rira ni ne jugera. Jamais il ne vous criera dessus, ne frappera ou ne vous jugera. Un cadavre, en réalité, c'est l'ami parfait.
Dan Wells - Nobody
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jeudi 20 septembre

Contenu

Roman - Policier

Mistral cinglant

Historique - Braquage/Cambriolage MAJ mardi 15 septembre 2009

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 16 €

Zolma
Paris : Jigal, avril 2009
188 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-914704-53-3
Coll. "Polar"

Une nouvelle enquête de Lily Verdine

Déprimée au possible, Lily entend son french doctor lui prescrire une cure de grand air. Elle s'y emploie donc. Direction le Sud. Pas le Grand : le Midi, entre Avignon et Nîmes, où déguster de savoureux pastagas à l'ombre des platanes centenaires. Lily retrouve la vallée du Rhône et Simon, son père adoptif. Après la mort de sa femme, ce dernier a reconverti sa ferme en gîte rural. Y séjournent deux anglaises et leurs condiments, un jeune couple avec enfant en bas âge et un employé d'EDF. Une petite troupe placide, quoi. Mais dès le lendemain, flics et pompiers occupent le terrain : dans la nuit, la fabrique de cagettes toute proche a été détruite par les flammes. On a retrouvé le cadavre d'un homme dans ses ruines, dont tout le monde se fiche vite : un immigré algérien d'une cinquantaine d'année, le gardien de l'usine. Les flics veulent conclure rapidement à l'accident. Mais sur les lieux, l'enquêteur-assureur se montre plus circonspect. Apprenant que Lily est détective, il la recrute pour l'aider dans son enquête. Lily accepte : rien de tel pour combattre la dépression. Un coup du patron de la fabrique, parie l'assureur : l'usine battait de l'aile, la prime était confortable. Difficile à prouver, mais Lily est du genre tenace. Très vite elle découvre que nos deux anglaises (et leurs condiments) ne sont pas là par hasard : l'une est la fille illégitime du patron de la fabrique détruite, lequel n'a jamais voulu ni la reconnaître, ni aider financièrement la mère, qui a fini par se suicider… Trois suspects d'un coup, donc. Sans compter l'employé d'EDF, pas franc du collier dans ses réponses. Bref, des suspects, il se met à en pleuvoir plus qu'il n'en faut, jusqu'à ce que les flics en arrêtent un qui fait l'affaire de tous, et semble prêt à endosser le crime. Las, la poudre parle cette fois et les cadavres s'empilent. Tout est à revoir, ou presque. Il faudra toute la pugnacité de Lily pour venir à bout de l'affaire, dans laquelle la Grande Histoire va s'inviter à l'improviste, frappant d'un coup très fort la conscience du lecteur, plus fort qu'elle ne l'aurait fait si elle avait été le sujet mis en avant dès le début du roman. Du grand art, car c'est toute la force de Zolma que de la faire entrer ainsi par une porte dérobée, plutôt que de nous la servir dans l'exercice tonitruant d'un polar faussement engagé et grandiloquent. Il signe là un très bel opus des enquêtes de Lily Verdine, dans un style redoutablement énergique, gouleyant à souhait, avec une Lily toujours aussi délurée et âpre à défendre les causes abandonnées.

Citation

Le bled, c'était la pauvreté. La France, désormais, ce serait la pauvreté et la solitude.

Rédacteur: Joël Jégouzo mardi 21 juillet 2009
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