Kobra

Son palais n'était pas sur le grand Canal, mais Brunetti était certain que sa mère n'y prêterait pas la moindre importance : c'était toujours un palais, et la femme qui avait offert la main à ses lèvres était toujours une comtesse.
Donna Leon - Brunetti entre les lignes
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Dégradation
Le titre français de ce roman de Benjamin Myers évoque l'idée d'un univers qui va vers sa dispari...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 19 septembre

Contenu

Roman - Policier

Kobra

Social - Tueur à gages - Scientifique - Finance MAJ mercredi 05 novembre 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Deon Meyer
Kobra - 2013
Traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Estelle Roudet
Paris : Le Seuil, octobre 2014
438 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-02-115500-6
Coll. "Policiers"

Des palaces aux bas-fonds

D'un côté, Paul Anthony Morris, un scientifique anglais qui a mis au point des algorithmes pour les transactions financières venu sous un faux nom en Afrique du Sud, et qui se cache dans un hôtel sous la protection de gardes du corps. Un matin, on retrouve les gardes du corps abattus et le savant a disparu. De l'autre, Tyrone Kleinbooi, petit pickpocket du Cap, essaie de survivre et de débusquer de l'argent pour que sa sœur puisse continuer ses études. Un jour, il vole une jeune touriste mais est arrêté car pris sur le fait des caméras de surveillance de la marina. Alors qu'il attend au poste des vigiles, des individus arrivent et les abattent. Il réussi à s'enfuir mais est pourchassé...
A priori, il n'y a aucunu rapport entre les deux affaires. Mais Benny Griessel, l'inspecteur référent de Deon Meyer, veille au grain et sous la différence de niveaux social et financier, il découvre une première analogie : les douilles ! En effet, les balles qui ont servi aux deux scènes de crime proviennent du même tueur qui a eu l'idée de faire graver ses balles d'une tête de cobra... L'enquête se resserre encore plus lorsqu'il découvre que la jeune femme victime du pickpocket n'est autre que la maîtresse du scientifique...
Kobra joue donc sur cette opposition qui fait le sel des émissions consacrées à l'exotisme : la terre de contraste. Constamment nous évoluons entre les hauts sphères, les ambassadeurs, les services spéciaux, le gouvernement, les officines privées et leur luxe - voitures haut de gamme, vie humaine qui n'a pas d'importance, discussion en millions, villas cachées au milieu des vignobles. De l'autre, les petites gens, les magouilles, le système D., les stations de transport en commun et l'utilisation comme complices de clochards, la pièce à vivre louée dans l'appartement d'une autre famille, les petits boulots de serveuse et le vol comme seules solutions.
Cette description du capitalisme moderne poussé dans ses derniers retranchements, avec les services secrets qui aident les gouvernements corrompus pour conserver leurs privilèges et les humains qui tentent de survivre dans un système post-colonial gangrené mais fortement occidentalisé, s'incarne à travers des personnages avec, en outre, un style nerveux qui s'appuie sur l'enquête pour présenter les éléments sans les juger. Sans appuyer, également, Deon Meyer fait vivre de manière crédible son héros, avec ses doutes et faiblesses, sans surcharger, ni s'appesantir. Du coup, cette série s'installe dans une continuité romanesque sombre, et Kobra en est un excellent exemple.


On en parle : Les Grandes affaires criminelles n°4

Nominations :
Prix Mystère du Meilleur roman étranger 2015
Trophée 813 Michèle Witta du roman étranger 2015

Citation

On est en train de détruire notre démocratie et je ne vais pas rester là les bras ballants à attendre que ça arrive.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 31 octobre 2014
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page