Une main encombrante

Un enchevêtrement de poutres et de cadres en bois disloqués avait dégringolé sur la carcasse du canapé. En ressortaient un bras boursouflé couleur de cire et une main ouverte, dont les doigts écartés semblaient vouloir interdire le passage, une main si gonflée qu'il eut bien du mal à distinguer le scintillement de l'alliance en or à son annulaire.
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jeudi 16 août

Contenu

Roman - Policier

Une main encombrante

Énigme - Assassinat MAJ lundi 20 octobre 2014

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17,5 €

Henning Mankell
Handen - 2004
Postface de Henning Mankell
Traduit du suédois par Anna Gibson
Paris : Le Seuil, octobre 2014
176 p. ; 21 x 12 cm
ISBN 978-2-02-114013-2
Coll. "Policiers"

Adieu, commissaire !

Cette fois : promis, juré, ce sera le dernier Wallander. Même s'il ne se situe pas tout à fait à la fin de la carrière du célèbre commissaire, puisque l'action se situe en octobre 2002. Mais celui-ci se préoccupe assez de sa retraite pour se mettre en quête d'une maison où la passer. On le savait déjà au bout du rouleau, sceptique sur sa mission et furieux de voir réduire sans cesse ses moyens de l'accomplir, on n'est donc pas surpris de le voir désireux de tirer un trait. C'est justement au cours d'une visite à cette fin qu'il trébuche sur... une main humaine qui dépasse du sol. Et qui appartient à un squelette entier, celui d'une femme dans la cinquantaine, qui serait morte, d'après les analyses, entre cinquante et soixante-dix ans plus tôt. Voilà une affaire bien épineuse, en effet, car il s'avère que cette femme a été pendue. Or, si elle a pu se pendre elle-même, bien entendu, elle a difficilement pu s'enterrer seule. Le malheur est que les archives ne signalent aucune disparition de femme de cet âge dans la région, à l'époque, et seulement deux à des centaines de kilomètres de là. Et que le criminel, si on trouve de qui il s'agit, risque fort d'être mort lui-même. Pourtant Wallander s'entête et, en retournant sur les lieux, finit par noter une particularité qui va amener la découverte d'un second cadavre. Voilà qui complique l'affaire, laquelle s'oriente sur une fausse piste qui va mener dans... la bonne direction.
En comparaison des autres enquêtes de Kurt Wallander, celle-ci fait l'effet d'une nouvelle plutôt que d'un roman. Ce qui ne gâte rien, au contraire. On la lit facilement d'une seule traite sans avoir à se remémorer pendant des jours les chapitres précédents. Et on admire la sobriété d'un récit qui coule de source. C'est presque reposant, qualité qu'il est difficile d'associer aux autres enquêtes de notre commissaire. On peut dire que pour sa "der des der", il réussit sa sortie – si elle n'est pas fausse. Car qui sait si l'auteur, après nous avoir montré le "Wallander avant Wallander" (dans La Faille souterraine et autres enquêtes, Le Seuil, 2012), ne va pas nous sortir de derrière les fagots un "post-Wallander". On a vu pire que cela, même si le livre se referme sur une postface retraçant l'histoire du commissaire dans la vie de l'auteur en des termes qui ont tout de la nécrologie. Alors savourons notre plaisir au lieu de le bouder et profitons de cette histoire courte bien ficelée, bien écrite etc.

NdR - L'auteur a révisé son texte en 2013.

Citation

Un court instant, il fut tenté de se lever et de partir. Sortir de ce bureau, prendre sa voiture, quitter la Scanie et ne jamais revenir. 

Rédacteur: Philippe Bouquet mercredi 15 octobre 2014
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