Déchirés

Observez-vous entre vous, soyez attentifs. On ne sait jamais. Si vous en voyez un qui se renferme sur lui-même, qui ne dit plus rien, c'est qu'il y a quelque chose, c'est qu'il encaisse mal un gros coup. Il va peut-être boire, tout seul, en se cachant.
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mercredi 19 septembre

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Roman - Thriller

Déchirés

Drogue - Horreur-gore MAJ jeudi 28 août 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Peter Stenson
Fiend - 2013
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Szczeciner
Paris : Super 8, août 2014
400 p. ; 20 x 14 cm
ISBN 978-2-37056-018-6

Naturels ou chimiques ?

La mode actuelle, après les vampires, se tourne vers les zombies. El faut bien reconnaître que dans les temps troublés que nous connaissons, savoir qu'il existe une vie après la mort est quand même réconfortant et ce même si, bien entendu, se décomposer lentement, en poussant des cris et en voulant dévorer ses congénères n'est pas forcément la meilleure façon de (sur)vivre. Mais après tout, manger des chips en sa vautrant sur un canapé et en regardant des films de zombies, est-ce aussi une vie ?
À partir de ce classique de série B. le romancier américain Peter Stenson installe son intrigue avec humour - il ne manque pas un zombie sanguinolent ou puant ; vous étouffez les bébés dans le lit en pleurant pour éviter qu'ils ne deviennent eux aussi morts-vivants ; vous fuyez à la campagne, ils arrivent, vous revenez alors en ville ils sont déjà là. Même les banlieues chaudes ne sont plus un refuge sûr ! Et le récit suit Chase et son ami Steno dans leurs tentatives pour se sauver, récupérer l'ex-copine de Chase et son nouveau petit copain au milieu de monstres grouillants, le tout rendu avec un style qui permet de bien évoquer l'enfermement, la masse dévorante, les solutions qui se referment comme autant de nasses étouffantes.
Mais ce qui distingue Déchirés de la production de masse, c'est un humour constant et un point de départ spécial : la "zombification" s'est déroulée durant une nuit, sans que l'on sache pourquoi, mais visiblement les seuls capables de résister à ce virus omnipotent, appartiennent à la catégorie des drogués. Malgré leurs crises de manque, la disparition des fournisseurs, il faut sa dose sinon on meurt, rengaine du toxicomane poussé à son extrême. Tout le début du roman oscille d'ailleurs entre la réalité et le rêve, sauf que pour un drogué, les notions s'inversent. En effet, quand une petite fille dévore son chien à pleines dents sur la pelouse ce n'est rien que du normal quand on est sous amphétamine. Bien entendu toutes les envies de s'en sortir ne peuvent pas grand-chose et le naturel revient au galop. Pour survivre, il faut rationner la drogue et se la partager, ce qui est impossible pour des toxicos normalement constitués. Peter Stenson pousse même l'humour jusqu'à proposer comme ultime forteresse contre le mal envahissant, les prisons - derniers lieux que l'on peut facilement protéger.... des zombies extérieurs mais pas de ses propres démons.
Débutant comme un cauchemar éveillé de drogué, Déchirés s'enfonce lentement et avec force dans le désespoir : la drogue pour échapper au monde et se suicider lentement, c'est peut-être une bonne idée, mais pour sauver et repeupler la Terre, c'est plutôt une réflexion moyenne et le roman s'achève sur ce constat pessimiste. Entretemps, nous avons suivi les aventures de Chase pour essayer de s'en sortir en compatissant et en soutenant ses initiatives.

Citation

Quant au chien, il représente peut-être le meilleur ami de l'homme, la nature sauvage, la bestialité. Et ce renversement de l'ordre naturel, l'enfant qui tue le chien, c'est plutôt simple : l'innocence l'emporte.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 26 août 2014
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