Le Testament de Nobel

L'enfant hoche la tête, inquiète, tandis que le vieillard découvre de ses ongles crochus, le cache dissimulé derrière le velours pourpre.
Laurence Fontaine - Noir dessein en verte Erinn
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Dégradation
Le titre français de ce roman de Benjamin Myers évoque l'idée d'un univers qui va vers sa dispari...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 19 septembre

Contenu

Roman - Policier

Le Testament de Nobel

Économique - Social - Tueur à gages MAJ lundi 22 septembre 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17,9 €

Liza Marklund
Nobels testamente - 2006
Traduit du suédois par Catherine Renaud
Boulogne-Billancourt : MA, juin 2014
442 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-8224-0325-2

Modèle suédois

Annika Bengtzon vit en Suède, un pays idyllique vanté pour son modèle social et politique, et pourtant tout s'accumule contre cette brave journaliste : une tueuse à gage veut se venger d'elle, ses nouveaux voisins ne respectent pas sa propriété, son fils se fait agresser au jardin d'enfants et le métier de journaliste consiste principalement à essayer de rentabiliser les activités papier pour compenser les pertes nées de l'affairisme des propriétaires. Bien entendu, ce ne pourrait qu'être que la vie normale mais son mari l'a trompé et il est en train de se battre pour son travail, ce qui complique la gestion des taches ménagères. Les choses se compliquent encore lorsque la journlaiste est envoyée en mission pour rédiger un article plan-plan : la réception des prix Nobel. Là, elle se trouve à quelques centimètres d'une tueuse qui abat sous ses yeux l'une des dirigeantes du prix. Elle a tout vu, mais comme elle est témoin, elle ne peut pas écrire d'articles... La vie est dure, mais c'est la vie. Mise en congé par son journal, elle décide d'en savoir plus, à la fois sur le meurtre, sur les façons dont se délivrent les prix, sur les magouilles qui pourraient en découler, et sur Alfred Nobel lui-même.
Le roman oscille entre ces deux pôles : une enquête, de facture classique, où la journaliste essaie de démêler les écheveaux complexes d'une intrigue policière et ses propres démêlés personnels où tout s'accumule - désastre conjugal naissant, vie familiale de conflits, ami(e)s à la dérive, contexte professionnel déprimant, voisins horripilants. De fait, elle se trouve confrontée aux fondations-mêmes de la société suédoise : égalité homme/femme remise en cause par les habitudes, société trop policée où il ne faut rien dire contre les voisins envahissants, les enfants violents, une société de contrôle policier et social forte (ce n'est sans doute pas un hasard si le mari d'Annika travaille au ministère sur un projet de surveillance orwellien afin de poursuivre les gens sur les crimes qu'ils pourraient commettre), contradictions entre social-démocratie égalitaire et capitalisme fort, sans compter les icônes comme la royauté ou le prix Nobel.
Même si le quotidien prend une place un peu trop importante au détriment de l'enquête, Le Testament de Nobel s'inscrit dans une série de qualité qui décrit avec soin un personnage attachant coincé dans la vie sociale, professionnelle et personnelle de son pays, dont il épouse les contours même s'il ne cautionne pas les dérives : Annika Bengtzon reste très politiquement incorrect au grand dam de son entourage, ce qui fait une partie de son charme.

Citation

Vous faites partie des personnes qui viennent ici pour tout changer. Vous voulez tout changer, et nous n'aimons pas ça par ici. Nous n'aimons pas ça du tout !

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 20 août 2014
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page