La Fille du chaos

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Roman -

La Fille du chaos

Fantastique - Social - Tueur en série - Ésotérique - Urbain MAJ vendredi 22 août 2014

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

Masahiko Shimada
Kaosu no musume - 2007
Traduit du japonais par Miyako Slocombe
Paris : Wombat, mars 2014
344 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-919186-43-3
Coll. "Iwazaru"

File d'attente

La Fille du chaos nous relate l'histoire de Naruhiko, un jeune héritier des dons de chamanisme qu'il tient de ses ancêtres. C'est en Hokkaïdo, sa terre natale, qu'il y subira un rite initiatique pour affermir ses fameuses capacités. Ce pouvoir particulier qu'il a d'interagir avec les rêves ne sera pas sans un sérieux revers de médaille puisqu'il s'accompagne de narcolepsie, la maladie du sommeil. Mariko, elle, est une lycéenne devenue amnésique qui se retrouve kidnappée et séquestrée pendant deux ans. Son ravisseur qui a le curriculum vitae du parfait psychopathe, entre tortures et viols, va la conditionner à devenir une tueuse. Sanada, professeur et lui aussi narcoleptique, va croiser les chemins de tout ce petit monde. Mais auparavant, la police enquête sur des meurtres, et Mariko apparaît en rêve à Naruhiko, créant ainsi un lien au-delà de la réalité qui les relie et les enlise, le tout dévoilant un état des lieux pas vraiment réjouissant.
Masahiko Shimada retouche un Japon ancestral, en créant des dialogues spirituels avec toute un panel de violences contemporaines, qu'il semble se réjouir à asséner à ses personnages. Le but du terrorisme, c'est de tuer le plus de gens possible. Dès que l'on met un pied dehors, on doit tuer ou se faire tuer. Tel est le credo du ravisseur de Mariko. Un credo qu'il lui martèle. Masahiko Shimada définit son roman comme un spiritual mystery, et semble en vouloir beaucoup à la société. Ses héroïnes dessinent une galerie culturelle japonaise en désuétude, aux repères usés, et annoncent un retour à un certain état sauvage dirigé par la notion de survie du genre "Marche où crève".
Dans ce menu concocté par la grande faucheuse, le lecteur peut se sentir très vite débordé et fatigué (mais pas encore narcoleptique). Il a l'impression de lire un roman pour ados dans sa forme, mais trash sur le fond. Il est parfois dubitatif. Il se dit que ce n'est pas un livre à mettre en toutes les mains. De façon surprenante, c'est un roman qui vise à déranger mais qui est trop timide et qui tend vers une esthétique de série B. à l'ultraviolence omniprésente. Le problème c'est que les ouvrages dénonçant l'enfer de la société japonaise commencent à fleurir sur les rayons des librairies. Ce discours en rébellion du système japonais, on le comprend, on peut en approuver la démarche, mais à trop le crier sur les toits, on en oublie le récit. Cela en devient presque un cliché éditorial. À noter qu'au Japon les histoires de lycéennes tueuses sont aussi presque un genre littéraire à part entière.
La Fille du Chaos se rattrape par sa touche polar chamanique avec quelques belles idées (la grand-mère qui achetait les rêves de Naruhiko pour l'éduquer), mais se perd dans son accent adolescent et feuilletonesque avec son complot international terroriste et sa crudité parfois vaine. Si l'ensemble laissera de marbre certains lecteurs, ce soap trash opera plaira aux fans de Ryu Murakami, à ceux qui ont aimé le psychopathe aux poupées dans Shokuzai, le film de Kyoshi Kurosawa. Et, plus pragmatiquement, aux révoltés de la société, mais qui habitent encore chez leurs parents et vont quand même dans des librairies acheter des livres.

NdR - Une première édition est parue en feuilleton dans la revue Subaru. Ce livre à reçu au Japon en 2008 le prix Geijutsu Senshô.

Citation

Le ciel va te punir. Il raccourcira ta vie.

Rédacteur: Kristophe Noël lundi 18 août 2014
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