Le Sniper

Un parti politique, se dit-il, c'est comme une association de malfaiteurs : on tait les dissensions et on met les moyens en commun pour concevoir le plan, parachever les préparatifs et passer à l'action, mais même si on réussit le casse du siècle on sait pertinemment que les ennuis naîtrons après, quand sera venu le moment de partager le butin.
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Roman - Policier

Le Sniper

Tueur à gages - Corruption - Complot MAJ mardi 15 juillet 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 8,4 €

Stephen Hunter
I, Sniper - 2009
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Élisabeth Luc
Paris : Folio, juin 2014
528 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-07-045339-9
Coll. "Policier", 734

Au cœur de la cible

On pourrait croire que le travail du sniper est facile. On se colle dans un coin tranquille, on attend que la victime passe dans la mire du viseur et on tire. Mais c'est beaucoup plus compliqué que cela : il faut tenir compte du vent, des mouvements de la victime, des conditions du terrain, de la vitesse de la balle, du son qu'elle produira, des obstacles éventuels (sans parler du verre qui peut s'interposer). Aujourd'hui, il y a heureusement l'informatique et des petits programmes qui peuvent vous aider.
Carl Hitchcock a été le meilleur sniper du Vietnam, mais voilà qu'un autre tireur d'élite le détrône alors il semblerait qu'il n'a pour lui qu'une seule solution, celle d'abattre quatre personnes supplémentaires, histoire d'affirmer son leadership sanglant. C'est d'autant plus difficile à réaliser alors que la guerre est finie depuis longtemps. Mais il y a toujours ces salauds de gauchistes hippies pacifistes des années 1970. Car Hitchcock abat alors minutieusement une star du cinéma, un couple d'enseignants et un humoriste avant de se suicider.
Nick Memphis, directeur adjoint du FBI, et Swagger, lui-même sniper, ne croient pas cette histoire tragique qui s'apparente plus à une thèse officielle, trop parfaite, qui cache une vérité plus alambiquée. Mais à chercher la réalité, on risque fort de se brûler les ailes...
Stephen Hunter sait parfaitement se documenter et rendre vivant ses informations. Tout ce qui concerne le tir, ses difficultés, les angoisses et les joies ainsi que l'ensemble des détails matériels (les couche-culotte par exemple lorsqu'il faut attendre des jours sans bouger) sont présentés de manière logique et fluide dans la narration. De la même manière, il sait parfaitement construire une intrigue. Comme son personnage qui joue sur la psychologie de ses adversaires pour élaborer sa défense, il joue aux échecs avec ses lecteurs. Sur le fond, il reste "très" américain : l'homme solitaire gagne contre le système corrompu des politiques, la virilité et la camaraderie de la guerre passe avant son épouse et même sa propre vie, ce n'est que dans la nature sauvage, en se dépassant soi-même, que l'on peut vaincre, l'ingéniosité et le savoir-faire dépasseront les technologies...
Swagger joue le côté nature et sauvage, Memphis, lui, doit lutter contre des marigots plus putrides en se confrontant à ses chefs de la police, de l'administration et aux journalistes libéraux. Face à eux, le "méchant" est une variante, à peine déguisé, de Ted Turner. Du coup, le roman lui aussi, par sa volonté tendue vers la satisfaction simple du lecteur de lire une histoire plaisante, bien menée et à la moralité claire, touche aussi sa cible.

Citation

La balle l'atteignit en pleine bouche. Elle vola en fait entre ses deux rangées de dents pour percer l'arrière de sa gorge, vers sa colonne vertébrale avant de la réduire en fine pluie rose.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 10 juillet 2014
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