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Roman - Thriller

L'Obsession

Fantastique - Psychologique - Assassinat MAJ jeudi 26 juillet 2018

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

James Renner
The Man From Primrose Lane - 2012
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Caroline Nicolas
Paris : Super 8, avril 2014
574 p. ; 20 x 14 cm
ISBN 978-2-37056-000-1

Saga criminalia

Personne ne remarque jamais le vieil homme habitant Primrose Lane, si ce n'est le jour où il est retrouvé assassiné. Un meurtre particulièrement sordide, puisqu'on lui a tranché les mains après lui avoir logé une balle dans le corps ! La police découvre vite que ce vieil homme est un mystère : même son identité était inconnue... Pourquoi notait-il avec assiduité les faits et gestes d'une jeune fille du voisinage ? Ce mystère non résolu attire l'attention de David Neff, un écrivain dépressif depuis la mort de sa femme. Y a-t-il un rapport avec de nombreuses disparitions de jeunes femmes ? Et si son épouse même ne s'était pas suicidée, mais avait été assassinée ? Neff va s'enfoncer dans un mystère s'étendant sur des décennies et où chaque porte ne débouche que sur d'autres portes... Que vient faire cette créature monstrueuse et batracienne qui a terrorisé le shérif local au point de devenir une légende urbaine ?
Amateurs de thrillers industriels prémâchés "pas prise de tête" à lire dans le train, passez votre chemin ! Pour une fois, le titre (français de surcroit) est justifié : l'obsession pour une affaire criminelle, impérieuse et dévastatrice, est au cœur de ce roman qui évoque parfois le bouleversant film The Pledge, voire le non moins excellent Memories of Murder - la quatrième de couverture cite également Stephen King, mais s'il y en a effectivement quelques traces, notamment vers la fin, l'homme de Bangor n'a pas le monopole du travail sur les personnages... En plus de présenter une réflexion sur sa thématique, ce roman à part franchit allègrement les zones d'ombres entre mauvais genres et littérature dite générale de par l'analyse fouillée des personnages, souvent oubliés au prix de "caractères" taillés à coup de serpe pour satisfaire les habitués des séries TV. Excellent thriller, superbe roman de personnages, il opère un virage à quatre-vingt-dix degrés pour attaquer un autre genre : la science-fiction à base de voyages dans le temps qui pourraient évoquer l'étonnant Jours de colère de Walter Jon Williams. Sans déflorer, ce changement de braquet pourra déconcerter certains lecteurs, mais loin d'être un gadget, il ne fait qu'approfondir le sujet avec tout le poids du fatum, transformant le récit en véritable tragédie au sens premier du terme. Le roman devient alors vertigineux dans son ambition et, surtout, boucle tous les nœuds de l'intrigue d'une façon que l'on pouvait croire impossible. Dans un tel contexte, un clin d'œil final vers le fantastique, peut-être un poil gratuit, ressemble surtout à la dernière colombe qu'un auteur virtuose sors de son chapeau - et remet en question jusqu'à la dédicace ! -, et la conclusion ne donne qu'une seule envie : revenir en arrière pour voir comment ce bougre a pu débrouiller une intrigue aussi complexe. On se demande donc, au vu de la situation actuelle, comment un éditeur américain a pu oser sortir un livre aussi atypique, et on ne peut que féliciter Super 8 de l'avoir publié en France, et dans une traduction irréprochable s'il vous plaît. On dit merci et bravo...

Citation

Le vieil homme était vêtu d'un short kaki et d'un T-shirt blanc taché et percé d'un trou noir de la taille d'une pièce de dix cents, quelques centimètres au-dessus du sternum : une balle l'avait perforé. Des asticots sortaient du trou en ondulant, pour tomber sur la pellicule de sang durci avec un son qui rappelait celui d'une pluie légère contre une vitre.

Rédacteur: Thomas Bauduret mercredi 28 mai 2014
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