La Nuit Mac Orlan

C'est un véritable train fantôme surgi de l'enfer qui traverse la gare de La Praz, laissant derrière lui un sillage de cadavres disloqués.
Patrick Eris - Histoires vraies sur les rails
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

1994
Il est très symbolique que le troisième roman d'Adlène Meddi s'ouvre et se clôture par une scène ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mardi 20 novembre

Contenu

Bande dessinée - Noir

La Nuit Mac Orlan

Enquête littéraire - Urbain MAJ vendredi 11 juillet 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 15,9 €

Arnaud Le Gouëfflec (scénario), Briac (dessin)
Scénario adapté de l'œuvre de Pierre Mac Orlan
Postface de Pierre Baritaud
Pierre Bergé (extrait)
Rennes : Sixto, mai 2014
56 p. ; illustrations en couleur ; 32 x 24 cm
ISBN 979-10-90939-04-2

Chasse au trésor littéraire

Le scénario de cette excellente et très plaisante bande dessinée concocté par Arnaud Le Goüefflec n'est qu'un prétexte à une immersion double dans la ville de Brest et l'univers de Pierre Mac Orlan. Lui et Briac n'auront de cesse tout du long de ces quelques cinquante-quatre planches d'aborder avec beaucoup de tendresse et d'adoration l'aspect aventureux et onirique du romancier. Marin (le prénom aura son importance), un professeur de lettres qui a du mal à terminer sa thèse sur l'auteur de Quai des Brumes, débarque en gare de Brest pour aller à la rencontre d'un bouquiniste croisé sur Internet et détenteur d'un inédit inconnu de Mac Orlan, L'Amiral Bamboche. L'histoire hallucinante qu'il va vivre s'apparente à une trépidante autant qu'urgente course au trésor sur fond de carte à rébus et de poursuite par un commissaire obèse au costard rouge écarlate. Car il va y avoir au sens propre comme au sens figuré un coup asséné sur la tête, un réveil douloureux, un bouquiniste poignardé, une perte de papiers d'identité et des rencontres avec des personnages de romans pour aider Marin à se sauver d'une drôle de situation. Le scénario est épuré, quasiment minimaliste - d'ailleurs certaines pages sont muettes -, et accompagne joliment les vignettes sur papier glacé de Briac qui sont autant de tableaux sombres à l'encre comme ceux de Jérôme Bosch (il y a une filiation évidente dans ces visages durs aux yeux profonds et cernés de noir) striés horizontalement comme s'il étaient craquelants. On a l'impression d'évoluer au milieu de freaks oniriques influencés par Hugo Pratt. En effet, dans une bande dessinée où les silhouettes jalonnent les toits et les rues, se démarque des personnages éblouissants de Marguerite-de-la-Nuit au commissaire Bourrel (qui abhorre les marins sous quelque forme qu'ils soient). "On est quoi, des marionnettes ?" s'interroge Marin sur le retour de son escapade brestoise. La dernière page qui offre quatre vignettes proposant une silhouette de dos et un perroquet sur l'épaule qui s'appelle Dagobert, ultime rappel au grand romancier, donne une ébauche de réponse. On referme cette bande dessinée avec l'envie profonde de se replonger dans cette œuvre romanesque d'aventure mais également dans celles de Francis Carco et de Pierre Benoit. En ces temps de gros thrillers prédigérés, c'est plutôt une très belle envie magnifiée par les belles images que l'on s'est pris de plein fouet. À recommander !

Citation

Ce bon monsieur Léon t'a piégé. Un piège littéraire diaboliquement conçu. Imagine : Léon veut mourir. Mais il compte finir en beauté. Fou de l'œuvre de Mac Orlan, il a rencontré un certain Marin sur Internet. 'Marin', un mot magique. L'idée a alors germé. Il lui tend un piège.

Rédacteur: Julien Védrenne jeudi 15 mai 2014
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page