Les Âmes perdues de Dutch Island

Les gens se fichent de la vérité. Ils se préoccupent de l'avenir.
Dennis Gansel - Le Quatrième pouvoir
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

1994
Il est très symbolique que le troisième roman d'Adlène Meddi s'ouvre et se clôture par une scène ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mardi 13 novembre

Contenu

Roman - Thriller

Les Âmes perdues de Dutch Island

Fantastique - Ésotérique MAJ mardi 13 mai 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

John Connolly
Bad Men - 2003
Traduit de l'anglais (Irlande) par Santiago Artozqui
Paris : Presses de la Cité, avril 2014
430 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-258-10106-7
Coll. "Sang d'encre"

Vengeance & pardon

Dutch Island : une île perdue du Maine au milieu de nulle part qui a subi des siècles plus tôt un effroyable massacre. Depuis, les fantômes des morts traînent, l'âme en peine, se déguisant en papillons, et espérant sucer la vie des méchantes gens afin de gagner le repos éternel. Mais c'est une petite île et il n'y a pas assez de mauvaises personnes pour avoir de quoi passer de l'autre côté, vers le paradis. Peut-être parce que l'île est aussi protégée par une sorte de "société secrète" à l'instigation d'un groupe habitant là depuis des générations et qui se transmet la mémoire des lieux. Joe Dupree, le dernier représentant, descendant de policiers et lui même flic local, est un géant qui souffre un peu de la solitude affective et surtout de sa croissance démesurée. Peut-être trouvera-t-il la paix avec Marianne, une jeune femme venue se réfugier dans cet havre de paix pour échapper à Moloch, un dangereux criminel auquel elle a été mariée ? Mais il se pourrait que les morts de l'île aient programmé l'évasion de Moloch et la venue de Marion et sa poursuite par une bande d'affreux. Ces hommes pourraient être la solution aux problèmes des âmes errantes qui ont de plus en plus de mal à être contenues par la population locale.
John Connolly utilise un thème fantastique qu'il dilue au compte gouttes (une route qui change parfois de contours, des papillons présents alors que le temps ne s'y prête pas, une petite fille grise qui essaie d'entrer dans les maisons, une poupée abandonnée au sommet d'une tour, des silhouettes qui apparaissent sur les tableaux du barbouilleur local) mais avec maîtrise : le suspense monte lentement, en puissance. D'un côté, une tempête terrible, avec neige incorporée, qui se rapproche de l'île et, de l'autre, un groupe de psychopathes, tous plus fous les uns que les autres, qui vient pour chercher la jeune femme. D'un côté, la vie calme d'une communauté isolée vivant au rythme de la nature et, de l'autre, une vie urbaine corruptrice où les plus bas instincts s'activent. Même si la vie de la communauté est aussi figée par une tragédie originelle : la mort horrible des premiers habitants Lentement, John Connolly fait se rejoindre ces deux intrigues, entre histoire policière, fantastique et scènes gore. Il se permet même quelques surprises scénaristiques et sait surtout distiller, en un style simple mais sachant jouer d'images poétiques, un suspense classique, formaté mais très efficace, visant à entraîner le lecteur sans lui laisser le temps de respirer dans son histoire, ce qu'il réussit parfaitement.

Citation

Joe Dupree passait de temps en temps vérifier que la porte était bien verrouillée, mais la Fillette Grise n'aimait pas ça, alors elle trouvait toujours le moyen de la rouvrir.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 12 mai 2014
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page