Cible royale

Il croyait bien aux fantômes... Et pour sûr il croyait dans l'existence du Diable. Il avait eu assez de preuves que quelque chose de mauvais était à l'œuvre dans ce bas monde ; des hommes s'entretuaient pour de l'argent ou de la dope ou simplement parce qu'ils en avaient envie.
Steve Earle - Je ne quitterai pas ce monde en vie
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

1994
Il est très symbolique que le troisième roman d'Adlène Meddi s'ouvre et se clôture par une scène ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

jeudi 15 novembre

Contenu

Roman - Espionnage

Cible royale

Terrorisme - Complot MAJ mardi 22 avril 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,5 €

George Arion
Nesfârşita zi de ieri - 1997
Traduit du roumain par Sylvain Audet-Gainar
Bruxelles : Genèse, février 2014
256 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-930585-20-8

James Bondescu

Le titre et la couverture évoquent des souvenirs chez le lecteur qui y voit un souvenir de vieux James Bond. Et cette évocation n'est pas sans lien avec le roman ! Les années de dictature auraient-elles mis en retard ou en décalage les auteurs roumains pour que ceux-ci nous offrent aujourd'hui des thrillers "à l'ancienne", truffés de références à l'histoire contemporaine, aux manœuvres des Soviétiques et des Israéliens, peuplés de terroristes arabes travaillant en sous-main, le tout sur fond de complot international ?
Le thème est simple : les Russes ont engagé un tueur international pour abattre l'ex-roi de Roumanie, Michel Ier, au moment de son retour au pays, et entendent profiter ainsi de la confusion pour provoquer un coup d'État qui leur soit favorable avec des nostalgiques de Ceausescu. Les Américains,prévenus par un espion, envoient l'information aux Roumains qui diligentent trois de leurs meilleurs agents : Ioan Cantar, Horia Dragomirescu et Paul Conrad. Dans le même même temps, des terroristes arabes viennent en Roumanie pour venger la mort de l'ancien dictateur...
Thriller mouvementé, qui multiplie les personnages les points de vue, les chausse-trappes, les pièges dans les pièges, les coups fourrés (comme par exemple ces trois pages qui décrivent une tentative des Américains pour prévenir les Roumains de certaines actions et qui donnent un résultat contraire car des tueurs russes les abattent avant que la mission ne soit accomplie), Cible royale joue à merveille des codes du genre : courts paragraphes rythmés où l'on passe d'un bureau en Israël à une geôle à Moscou, puis dans les salons feutrés de l'ancien roi exilé en Suisse. S'alternent également un focus sur le passé d'un terroriste, puis la formation d'un agent secret roumain, sur le vie du tueur, puis sur la préparation de sa mission.
Cible royale est une mécanique bien huilée qui décrit avec justesse et une économie de moyens, la Roumaine de l'après-dictature. George Arion sait créer une situation en quelques mots et il saupoudre toute son intrigue d'un désespoir tranquille avec un soin consommé du détail : le roi va échapper à trois attentats qui tueront finalement les agents secrets roumains mais il ne se rendra compte de rien et en visionnant un reportage sur sa visite, il va voir, sans comprendre, les trois agents quelques minutes avant qu'ils n'agissent.
Une autre bonne surprise est le choix d'un narrateur excentré, sur son lit d'hôpital, un journaliste, en plein coma, qui sait toute la vérité et qui ponctue le roman avec un rappel du passé roumain dans une évocation poétique, prenante de la réalité, donnant à la tonalité thriller et jamesbondesque de l'ensemble un son plus désespéré sur la condition humaine.

Citation

Je suis devenu un témoin gênant qui doit disparaître une fois pour toutes. De toute façon, j'ai déjà trop traîné de ce côté-ci de l'univers.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 14 avril 2014
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page