La Bête des Saints-Innocents

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Roman - Policier

La Bête des Saints-Innocents

Historique - Énigme - Religieux - Complot MAJ jeudi 10 avril 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Jean d'Aillon
Paris : Flammarion, mars 2014
576 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-0813-1628-7
Coll. "Thriller"

Dans Paris affamé...

Jean d'Aillon mène de front plusieurs séries de romans policiers historiques. Avec Olivier Hauteville, il explore une courte période riche en situations dramatiques générées par la Sainte Ligue. Avec La Bête des Saints-Innocents, le romancier signe la huitième aventure de son héros.

Alors qu'Henri de Navarre, après l'assassinat d'Henri III, veut faire valoir ses droits sur le trône de France, la Ligue s'oppose à sa légitimité.
Après avoir écrasé l'armée de son adversaire, à Ivry, le futur Henri IV fait le siège de Paris où, autour du conseil des Seize, sont retranchés des irréductibles qui font régner la terreur.
L'approvisionnement est difficile, la famine s'installe et entraîne des actes de cannibalisme. Cependant, dans le cimetière des Saints-Innocents, la découverte du corps d'une femme, vidé de son sang, en partie dévoré, interpelle des responsables. Des lansquenets sont arrêtés, mais les meurtres continuent. Jehan Louchard, commissaire au Châtelet, l'un des Seize, affirme qu'il s'agit d'un loup-garou issu des enfers à la demande de l'hérétique Henri de Navarre. Un homme, dont les opinions sont favorables au Gascon, découvre la vérité. Louchart le fait arrêter et manœuvre pour le faire exécuter.
Hauteville, prévenu de la situation, décide d'entrer dans Paris pour lui porter secours. Mais, Louchart, qui a trahi son maître, le duc de Mayenne, s'engage, et engage les Seize, dans une lutte à mort...

Jean d'Aillon offre une véritable page de la grande Histoire, relatant, à travers sa fiction, le siège de Paris vécu de l'intérieur, les intérêts, pas toujours convergents, des Ligueurs. La Ligue Catholique ou La Sainte Ligue était un parti qui affichait la défense de la religion de Rome contre le protestantisme. Plusieurs ligues ont coexisté, mais celle que l'auteur a retenue dans le cadre de ses romans, est celle d'Henri de Guise. Ce dernier veut empêcher Henri de Navarre, légitime proche parent, en ligne masculine, d'accéder au trône par tous les moyens. Après différents rebondissement contés dans les précédents livres, l'auteur arrive au siège de Paris où la situation est critique. Sous la gouvernance des Seize, la Ligue fait la loi.
Il mêle à cette guerre, habillée d'arguments religieux, dont l'unique objet est la conquête du pouvoir, un héros catholique marié à une protestante et travaillant aux intérêts du futur Henri IV qui calmera les esprits en se "convertissant".
C'est dans ce cadre, en reprenant les principaux acteurs du drame authentique que le romancier nous fait entrer dans la ville, dans le cimetière des Saints-Innocents du nom de l'église proche, lieu d'entassement des cadavres de vingt-deux paroisses parisiennes et de ceux de l'Hôtel-Dieu.

Jean d'Aillon sait, avec maestria, se servir des imprécisions de la réalité historique, des "trous", pour glisser les éléments de sa fiction, de son intrigue, donnant ainsi un récit aussi passionnant pour ses apports historiques authentiques que pour les péripéties qu'il fait vivre à ses personnages.
Son livre fourmille de détails véridiques, de protagonistes. Il a l'honnêteté d'exposer des actes de cannibalisme qui sont habituellement passés sous silence, pudiquement cachés. Connaissant la nature humaine, ceux-ci existent depuis toujours, partout, quand la faim se fait présente.

L'auteur n'hésite pas à multiplier les précisions, rappels et explications en bas de page. Cette formule qui tend à se multiplier est à encourager car elle facilite grandement la lecture et éclaire de belle manière le récit.

Avec La Bête des Saints-Innocents, Jean d'Aillon continue à offrir à ses lecteurs de magnifiques moments de lecture.

Citation

Le roi balança la tête. L'idée de laisser Fleur-de-Lis retourner se jeter dans les griffes de la Ligue ne lui plaisait pas. D'un autre côté, abandonner un fidèle serviteur lui répugnait. Et puis, il songeait aux talents de Reynière de Sade. Serait-elle capable de faire sortir ce Charreton de prison ?

Rédacteur: Serge Perraud jeudi 27 mars 2014
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