Pur

On se calme, jeune homme. On est à Vegas, ici, et vous parlez de choses réprimées par la loi. Vous pourriez vous retrouver en prison juste pour avoir pensé des choses pareilles. Bon sang. Tout ce que j'aurais à faire, c'est vous dénoncer et... (du bout d'un ergot elle tembourine un rythme patriotique sur la coque de la souris) Guantanamo, mon coco.
Jim Nisbet - Traversée vent debout
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

1994
Il est très symbolique que le troisième roman d'Adlène Meddi s'ouvre et se clôture par une scène ...
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mardi 23 octobre

Contenu

Roman - Thriller

Pur

Anticipation - Social - Huis-clos MAJ mardi 18 mars 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,9 €

Antoine Chainas
Paris : Gallimard, septembre 2013
306 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-07-014099-2
Coll. "Série noire"

Actualités

  • 16/06 Prix littéraire: Sélections 2014 des GPLP
    Mardi 17 juin, dans les locaux de la BiLiPo, le jury du Grand Prix de Littérature Policière a procédé à sa sélection de romans tant français qu'étrangers pour l'année 2014. Chaque sélection est composée de quatorze ouvrages inédits en France parus entre début juin 2013 et fin mai 2014. Le prix, lui, sera proclamé début septembre 2014. Rappelons que ce prix purement honorifique est l'un des plus vieux et respectés en France et qu'il est décerné par une brochette de spécialistes du genre. Assez classique dans ses choix, espérons qu'il accouchera de deux lauréats surprises. Rendez-vous est pris à la rentrée littéraire pour voir ce qu'il en est !

    Sélection française 2014 :
    - Pur, d'Antoine Chainas (Gallimard, "Série noire") ;
    - Chiens enragés, de Marc Charuel (Albin Michel, "Thrillers") ;
    - La Traque de la musaraigne, de Florent Couao-Zotti (Jigal, "Polar") ;
    - Terminus Belz, d'Emmanuel Grand (Liana Levi, "Policier") ;
    - Du vide plein les yeux, de Jérémie Guez (La Tengo) ;
    - Le Grand sacrifice, de Daniel Hervouët (Le Rocher, "Ligne de feu") ;
    - L'Homme qui a vu l'homme, de Marin Ledun (Ombres noires) ;
    - Yeruldegger, de Ian Manook (Albin Michel) ;
    - La Faux soyeuse, d'Éric Maravélias (Gallimard, "Série noire") ;
    - Aux animaux la guerre, de Nicolas Mathieu (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - La Madonne de Notre-Dame, d'Alex Ragougneau (Viviane Hamy, "Chemins nocturnes") ;
    - La Chute de Mr Fernand, de Louis Sanders (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - Dawa, de Julien Suaudeau (Robert Laffont) ;
    - L'Hexamètre de Quintilien, d'Élisa Vix (Le Rouergue, "Rouergue noir").

    Sélection étrangère 2014 :
    - La Marionnette, d'Alex Berg (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - 911, de Shannon Burke (Sonatine) ;
    - La Danse de la mouette, de Camilla Läckberg (Actes Sud, "Actes noirs") ;
    - Le Dernier message de Sandrine Madison, de Thomas H. Cook (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - Témoin de la nuit, de Kishwar Desaï (L'Aube, "L'Aube noire") ;
    - Des morts bien pires, de Francisco Gonzales Ledesma (Rivages, "Thriller") ;
    - Ghostman, de Roger Hobbs (Robert Laffont, "Best-sellers") ;
    - Dans la rue j'entends les sirènes, d'Adrian McKinty (Stock, "Cosmopolite noire") ;
    - Une disparition inquiétante, de Dror Mishani (Le Seuil, "Seuil policiers") ;
    - La Fille du bourreau, d'Oliver Pötzsch (Jacqueline Chambon) ;
    - Une terre d'ombre, de Ron Rash (Le Seuil, "Cadre vert") ;
    - Empty Mile, de Matthew Stockoe (Gallimard, "Série noire") ;
    - Zarbi, de Cathi Unsworth (Rivages, "Thriller") ;
    - Né sous les coups, de Martyn Waites (Rivages, "Thriller").
    Liens : La Traque de la musaraigne |Terminus Belz |L'Homme qui a vu l'homme |Yeruldegger |La Faux soyeuse |Aux animaux la guerre |L'Hexamètre de Quintilien |La Danse de la mouette |Témoin de la nuit |Des morts bien pires |Une disparition inquiétante |Une terre d'ombre |Empty Mile |Zarbi |Né sous les coups |911 |Dawa |La Marionnette |Antoine Chainas |Florent Couao-Zotti |Emmanuel Grand |Jérémie Guez |Daniel Hervouët |Marin Ledun |Ian Manook |Louis Sanders |Élisa Vix |Camilla Läckberg |Thomas H. Cook |Kishwar Desai |Ron Rash |Matthew Stokoe |Cathi Unsworth

  • 25/03 Prix littéraire: Sélection 2014 du Prix Jean Amila-Meckert

Nettoyage social

Au moment de la Révolution française, lorsqu'il fallut guillotiner Danton, on l'accusa d'être corrompu. Danton répondit, en résumé, en signalant que la révolution serait pire lorsqu'elle serait aux mains des purs. Aujourd'hui, face aux dérives du monde, l'on ne rêve plus de révolution, mais de se protéger et ainsi de protéger ses acquis. Comme il devient quasiment impossible d'enfermer tous ceux qui vous menacent, le plus simple est donc de s'enfermer soi-même pour éviter le monde hostile. Prenez une gated community, enclave protégée. L'un de ses dirigeants surveille attentivement ce qui se passe, tandis que son fils, adolescent, découvre l'amour et surtout que ce dernier n'est pas payé de retour. À proximité, un sniper qui abat des "racailles" et un bien étrange accident sur l'autoroute où une femme a trouvé la mort. Son mari qui a survécu est justement un agent facilitateur chargé de travailler pour l'implantation de ces gated communities. Tous ont l'obsession de la pureté : la communauté fermée possède des strates entre les quartiers, et chacun s'observe via les systèmes de vidéo surveillance diffusés sur une chaîne interne et tous peuvent espionner leurs voisins. Les autorités politiques sont heureuses de ce système qui prend en charge une partie des taches régaliennes et rendent plus "purs" leur budget. Même si dans la réalité les choses sont plus confuses : l'adjointe du policier, plus préoccupée de sa promotion en se liant aux partis qui prônent la pureté française que de l'enquête, montre qu'en recherchant la pureté, il faut bien mettre les mains dans le cambouis et les remugles les plus sordides.
Face à cela, deux personnages qui vont faire basculer, momentanément, le mythe : d'une part, un policier, gras et adipeux, qui mange comme quatre depuis la mort de sa femme, symbole même du relâchement corporel (il est même décrit lors d'une intervention où il tombe et a du mal à se relever) et qui ne peut croire à l'accident sur l'autoroute. D'autre part, un adolescent en plein émoi amoureux : les sentiments sont toujours une source de dangers pour les utopies.
IL y a quelques années, Jean-Pierre Andrevon, avec L'Œil derrière l'épaule, avait écrit un roman autour de ces nouvelles zones pavillonnaires fermées et il l'avait fait avec son style rentre-dedans. Antoine Chainas s'est lui coulé dans son sujet : il a épuré son style, ses descriptions d'une sexualité débordante, pour se concentrer sur quelques images fortes : la communauté et ses petits soucis, l'autoroute où l'on est obligé de cohabiter avec le bas peuple, la quête de l'accidenté pour savoir ce qui est réellement arrivé et son désir de vengeance, les manipulations des uns et des autres. Une froideur dans l'écriture qui rend parfaitement les froideurs des humains, les calculs de chacun, lorsque l'humanité ne peut naître que de la jalousie et du deuil, comme une préfiguration de futurs, prophétisés par Danton, des futurs proches qui ne seront pas roses, comme les gated communities symbolisent à la fois le rétrécissement des sentiments, la froideur des utopies sécuritaires et une version des camps de concentration où il n'y a plus besoin de gardiens car les prisonniers font eux-mêmes le travail.

Récompenses :
Grand prix de la littérature policière - roman français 2014

Citation

Elle n'avait jamais totalement abandonné ses anciens réflexes : ceux qui avaient cours là où le multiculturalisme imposait la tolérance comme technique de survie, imaginait Julien.

Rédacteur: Laurent Greusard samedi 14 mai 2016
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