Othello

Alors j'ai serré Michael dans mes bras et je lui ai chanté une chanson. J'espérais que ça allait passer et qu'ensuite il irait mieux. Elle leva sur nous son visage ruisselant de larmes Mais ça n'a pas passé.
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lundi 19 novembre

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DVD - Noir

Othello

Psychologique - Assassinat - Artistique MAJ mercredi 26 février 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 13,99 €

George Cukor
Scénario adapté de l'œuvre de William Shakespeare
A Double Life - 1947
Robert Parrish (monteur)
Pamiers : Wild Side, avril 2012
1 DVD VOST Zone 2 ; noir & blanc ; 19 x 14 cm
Coll. "Les Introuvables Fnac"

Le baiser de la mort

Ronald Colman et Signe Hasso ont pour particularité d'avoir été dirigés par Ernst Lubitsch au début de leurs carrières respectives, mais en 1947 le premier est au crépuscule de la sienne tandis que la seconde ne fait que débuter. Pourtant, dans cet Othello signé George Cukor, ils jouent, voire double-jouent comme deux acteurs (et donc comédiens) confirmés, victimes au sens propre comme au sens figuré de passions qui les dépassent. Ronald Colmann, c'est Anthony John, un acteur de théâtre à succès que certains voient géniaux tandis que d'autres le traitent de mufle. Sa muse, Brita Kaurin (Signe Hasso), elle ausi actrice, l'a épousé avant de divorcer : il faut dire que non content d'être invivable, Anthony John vit à la vie les rôles qu'il endosse sur scène. Quand il s'agit de jouer dans une comédie, il est drôle et enjoué. Quand il s'agit d'interpréter un rôle dramatique, il devient possédé et maussade. Alors Brita voit d'un très mauvais œil se profiler Othello, de William Shakespeare. Mais elle ne se doute pas que le drame va accoucher d'un drame, que de la jalousie va naitre la jalousie, et que de la possession va débouler une possession encore plus perverse. Le film de George Cukor, tourné en noir et blanc, s'apparente à une mise en abime de la personnalité et de la représentation. Au texte brillant de Shakespeare, s'ajoutent des dialogues ciselés entre folie, causticité et répartie. Les cadrages sont exceptionnels, le spectateur est un voyeur qui regarde en même temps que les acteurs par les jalousies (ou yeux) du rideau la jalousie croissante et galopante de John Alexandre/Othello à l'égard de Brita/Desdémone. Le réalisateur fait preuve de prouesse quand il filme Ronald Colman imaginant son rôle l'amenant progressivement à la première avec un brin d'humour. Les costumes et les coulisses du théâtre sont montrés magistralement. Le thème du double et de sa représentation cher au réalisateur américain à qui Hollywood vient enfin de laisser sa chance est décortiqué chirurgicalement. John Alexander devient possédé à mesure qu'il enchaine les représentations, il manque étrangler Brita lors du scénique baiser de la mort. Pat Kroll (Shelley Winters), une serveuse de restaurant italien avec qui il entretient une liaison, n'aura pas la même chance. L'étrangeté du meurtre et les coïncidences avec la pièce alerteront son attaché de presse. À partir de ce moment, l'aspect psychologique sera aussi important que la folie, et le film se clôturera tel un drame shakespearien. Ronald Colman aura pour ce rôle l'équivalent de l'Oscar de la Meilleure interprétation masculine. Et ce n'est que justice.

Othello (104 min.) : réalisé par George Cukor sur un scénario de Ruth Gordon et Garson Kanin d'après Othello ou le Maure de Venise de William Shakespeare. Avec : Ronald Colman, Signe Hasso, Edmond O'Brien, Shelley Winters, Ray Collins, Philip Loeb, Millard Mitchell, Joe Sawyer...
Bonus. "Jeux de rôles", entretien avec Jean Douchet (13 min.). Galerie photos.

Citation

- J'ai peut-être une piste sur cette histoire de Pat Kroll.
- Comment ça une piste ?
- J'ai peut-être trouvé celui que vous cherchez. Enfin, c'est juste une intuition.
- Vous arrivez trop tard. C'est fini.

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 26 février 2014
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