Tremblement de terre : Istanbul, 17 août 1999

Que restera-t-il de Léonie Garzon, une fois que le temps aura balayé son nom ? Une bouteille de gin, un rêve sans queue ni tête, ni aucun attribut indispensable, des fissures de zèbre et des horaires de train.
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Roman - Policier

Tremblement de terre : Istanbul, 17 août 1999

Politique MAJ jeudi 11 juin 2009

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 6,5 €

Larif Marsik
Deprem - 2009
Traduit du turc par Julidé Kizilkale
Paris : Le Masque, juin 2009
250 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-7024-3451-2
Coll. "Masque jaune", 2521

Rencontres à Istanbul

C'est avec une écriture minimaliste, amplifiée par de courts passages dans un style télégraphique relayant les informations relatives au tremblement de terre, que l'auteur turc Larif Marsik nous emmène à la découverte d'une Istanbul over et underground. Mehmet, un dealer allemand d'origine turque, qui a dû fuir son pays poursuivi par la pègre polonaise, débarque le 17 août 1999, jour d'un tremblement de terre qui fera plus de 16 000 morts. Sibel, une infirmière franco-turque s'y rend le lendemain dans le cadre d'une mission pour la Croix-Rouge. Orkan Ekinci, lui, est un Turc pure souche. Commissaire de son état. Alors que tous les efforts sont dirigés vers l'aide aux démunis, lui se met à enquêter sur un meurtre perpétré par la maffya. Ces trois personnages vont évidemment se croiser. Leurs destins sont liés. D'ailleurs, Sibel va rester quelques jours de plus pour tromper son ennui français dans les bras d'un Mehmet habitué aux rencontres d'un soir mais qui se sent étrangement bousculé par l'arrivée de cette fille pas vraiment comme les autres. Et puis Sibel, c'est aussi la cousine d'Orkan, chez qui elle crèche. Il y a entre eux deux le reliquat d'un amour adolescent. Les relations se tendent. Désirs réfrénés, jalousie exacerbée. Mais pas autant meurtries qu'Istanbul, ville où la confusion la plus totale côtoie une corruption omniprésente. Il y a dans la cité une violence et un désespoir rehaussés par de curieux équilibres. Les Islamistes ne peuvent prendre un pouvoir démocratique que s'empresseraient de récupérer les militaires. Sauf à penser à une étrange alliance entre la maffya et les Islamistes justement. C'est pourtant ce qui se profile. Mehmet, entre les mains de la maffya, devient un ange de la mort. Sibel, entre les bras de Mehmet, devient vivante. Orkan, au milieu, trahi par les siens, battu à mort, perd ses dernières illusions. Roman triste autant que beau, Tremblement de terre : Istanbul, 17 août 1999 mélange douceur et douleur avec la virtuosité lexicale qui s'impose : entre ces deux mots, une lettre prend la place de l'autre, et un rêve se transforme en drame. Une noirceur autant poignante que profonde, ancrée dès le début, qui va crescendo, destructrice, pour un roman au pessimisme virulent.


On en parle : La Vache qui lit n°110

Citation

Les Turcs de l'immigration, ils ne connaissent que le foot. L'âme de la ville, du pays, ils n'en savent plus rien.

Rédacteur: Julien Védrenne mardi 09 juin 2009
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