Le Silence de Saturne : Goya

Quand les trains stoppent en rase campagne, on se prend enfin à regarder autour de nous.
François Darnaudet - Bison Ravi et le Scorpion rouge
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

L'Ange rouge
Le nouveau roman de François Médéline nous emmène à Lyon il y a une vingtaine d'années. Une brigade p...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

samedi 28 novembre

Contenu

Roman - Thriller

Le Silence de Saturne : Goya

Énigme - Artistique MAJ jeudi 06 février 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Isabelle Mimouni
Paris : Cohen & Cohen, janvier 2014
170 p. ; 21 x 15 cm
ISBN 978-2-36749-006-9
Coll. "ArtNoir"

Goya sous Dextropropoxyphène

Troisième ouvrage pour le relancement de cette collection "consacrée aux thrillers se déroulant dans le monde de l'art", ce roman d'Isabelle Mimouni, "professeur de chaire supérieure en lettres modernes, docteur ès lettres", porte l'estampille verticale "Goya" en couverture. Il nous conte les retrouvailles aigres des quatre enfants du roi du médicament Zacharie Abortin dans son domaine tiré au cordeau qui contient une galerie de peintures. Dès le début où un frère et une sœur dialoguent devant la pelouse naturelle au look synthétique, rien ne tourne rond : les tics de langage et les rapports sont pesants pour ne pas dire malhabiles et les sauts de lignes entre chaque dialogue étonnent. Est-ce un défaut de mise en page ou une démarche littéraire ? Apparaît le père collectionneur qui parle comme un audio guide, suivi par un maître d'hôtel non moins robotisé. Est-ce un clin d'œil au huis clos à l'anglaise (avec tyran domestique) de Georgette Heyer ? Ici, la schématisation est poussée à ses extrêmes limites. Il doit donc y avoir un second, voire un troisième degré. Papa Zacharie se pavane devant une lettre et La Révolte au Palais Royal, un tableau de Goya. Il est aussi très fier d'une copie du fameux Saturne dévorant ses enfants (illustrant la couverture) due à Salvator Martinez Cubells qui transféra les fresques de la maison de Goya sur toile.
La réunion de Zacharie, de ses trois garçons et de sa fille qu'il ne voit plus depuis dix ans, ne donne rien. Tout le monde se disperse. La fille se prend pour Orlan et transforme ses opérations de chirurgie esthétique en œuvres d'art, un fils boit des grandes cuvées, un autre aime les voitures de sport... Les voitures ! C'est étonnamment sur ce sujet là, qu'Isabelle Mimouni écrit ses pages les plus percutantes. D'abord lors de la course entre le frère et la sœur, puis, quelque temps plus temps plus tard, dans la description scrupuleuse du trajet que le frère accomplit au volant de sa Tesla vers un destin fatal. Voilà donc les enfants mourrant les uns après les autres ! Page 130, la romancière sort de son chapeau une inspectrice en tongs de velours noir, nommée Ludmila Katas, qui auditionne un fils survivant. Le résumé où elle lui parle "du vide et des absents" est très bon, et l'on aurait aimé un tel style dès le début du roman. Bien sûr, en raison du mythe mis en scène, on devine assez tôt qui est l'assassin mais la difficulté est de savoir comment il s'y est pris et surtout quel est le lien avec les étranges œuvres de la galerie de peinture. Les réponses sont à l'avenant : surréalistes.
En conclusion, nous voilà devant une œuvre bâtarde dans sa structure et son style qui pourrait s'interpréter comme une sorte de rêverie policière.

Citation

Oui, c'est un Goya. J'étais en concurrence avec le Prado lorsque je l'ai acheté. Tous les bénéfices que j'ai réalisés sur le dextropropoxyphène y sont passés.

Rédacteur: Michel Amelin mercredi 29 janvier 2014
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page