Wildcat play

- Bon. On reprend. Pour commencer, comment vous êtes-vous procuré cette arme ? - Elle est à moi. C'est moi qui l'ai trafiquée. Ça vous épate, hein ? - Le fusil à lunette est à vous ? - Ouais. On est en Amérique, non ?
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Roman - Thriller

Wildcat play

Géopolitique - Corruption MAJ mercredi 29 janvier 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Helen Knode
Wildcat Play - 2012
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Marion Roman
Paris : Rivages, janvier 2014
398 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-2701-0
Coll. "Thriller"

Pays de l'or noir

Aujourd'hui, lorsque l'on évoque le pétrole dans le cadre d'un roman, on pense principalement en termes de gigantisme et de multinationales s'étripant à travers le monde. Pourtant, aux États-Unis même, la conquête énergétique est aussi une affaire familiale, un métier quasi-artisanal avec la possibilité d'une success story comme seul le rêve américain peut en créer. Le meilleur moyen d'évoquer un métier ou un groupe social est d'amener un élément étranger, un révélateur, qui va décrire des choses nouvelles en même temps qu'il les découvre. Dans Wildcat play, Helen Knode introduit Ann Whitheead, ancienne critique de cinéma, déjà apparue dans Terminus Hollywood, et qui vient travailler sur une plateforme de forage pétrolier. Une grande partie du roman va alors expliciter comment fonctionne un chantier pétrolier : nous ne sommes pas encore en phase de production, mais dans l'étape de recherche d'un filon, le moment où l'on creuse le puits, où les ingénieurs analysent les calculs, où le coût financier et le risque capitaliste sont encore grands. Cela crée évidement des tensions et des luttes de forces entre les différents producteurs d'énergie, car la réussite et la découverte pourraient signifier leur émergence ou leur chute. C'est sans doute cela qui explique que le chantier est le lieu de sabotages, de trahisons, de coups fourrés et de solidarités. Lorsque ces luttes se concrétisent par la découverte d'un ouvrier tué d'un coup de marteau, l'intrigue ne peut que s'accélérer...
Wildcat play se focalise également atour d'un groupe familial, le "capitaliste" central du roman étant un vieil homme qui multiplie les crises cardiaques. Cette fin patriarcale est l'occasion pour les héritiers divers et variés de gigoter en tous sens, et de tenter de racler les millions qui pourraient tomber dans leurs escarcelles. Ce fait s'intègre et parasite à la fois les trahisons possibles et conditionne les alliances au milieu desquelles l'héroïne du roman essaie de comprendre qui a bien pu donner le coup de marteau initial - et veut la tuer à présent qu'elle enquête. Le roman est très classique dans son style et dans sa facture, et nous permet de suivre l'histoire à travers les yeux de l'héroïne qui oscille entre des descriptions fines des relations humaines exacerbées par les envies financières et un rendu journalistique des activités quotidiennes sur un chantier de prospection. Wildcat play ne révolutionne pas le genre mais s'avère une très honnête variation, sensible qui donne bien à voir des gens et le milieu dans lequel ils évoluent.

Citation

Tu vois ce que j'endure. Mon mari reçoit ma maîtresse sous le toit conjugal. Et voilà que cette grue l'a persuadé de divorcer.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 27 janvier 2014
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