So much pretty

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jeudi 15 novembre

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Roman - Thriller

So much pretty

Social - Huis-clos - Disparition MAJ vendredi 24 janvier 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 8,4 €

Cara Hoffman
So Much Pretty - 2012
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Aronson, Emmanuelle Aronson
Paris : 10-18, octobre 2013
380 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-264-06125-6
Coll. "Domaine policier", 4765

Violence rurale, violence normale

On le sait bien : ce sont les villes qui concentrent la violence. Pour la fuir, la solution est simple : trouver un endroit paisible et campagnard où l'on pourra exercer son métier et élever tranquillement sa fille, que l'on prénommera Alice et qui sera surdouée. C'est du moins ce que pensent Claire et Gene, qui choisissent Haeden comme lieu de villégiature. Un lieu dont le nom ressemble étrangement à Éden. Mais la campagne est un huis-clos ouvert où tous les habitants se connaissent et où les nouveaux venus sont des étrangers, voire des terroristes en puissance ; où la monoculture et la mono-industrie ont créé des seigneurs locaux aux petits pieds mais au pouvoir de nuisance important. Elle n'est donc pas aussi calme que l'on pourrait le croire. Dans ce coin paumé de l'État de New York, une jeune serveuse a disparu. Il s'agit sans aucun doute d'une fugue, et la population du cru regarde avec attendrissement son fiancé pleurer dans tous les coins. Lorsque le corps est retrouvé quelques mois plus tard, la vérité éclate au grand jour : la victime a été violée durant de longs mois avant de mourir... Tandis que la police débordée, et dont le chef est à la fois l'ami et l'obligé du père du fiancé, patauge, Alice écoute avec attention tout ce qui se dit au lycée et en tire des conclusions logiques. Mais comment prouver ce qu'elle sait ? L'histoire passionne et suscite l'intérêt de Stacy Flynn, une journaliste qui se décide à enquêter. La femme et l'adolescente, l'on s'en doute, sont amenées à se rencontrer et à partager informations, interrogations et déductions.
So much pretty est d'abord une affaire de style car le récit évite tous les aspects macabres, n'évoque qu'indirectement le viol et les tortures. Le roman alterne sans cesse d'un protagoniste à l'autre, remonte le temps, étourdissant le lecteur pour créer un climat oppressant : celui du poids de la campagne où les habitudes locales et les relations historiques des vieilles générations qui vivent sur place comptent plus que la vérité des faits. Derrière le fait divers décrit, c'est aussi toute l'histoire des violences féminines qui sous-tend le récit. La réponse d'Alice - que nous nous empressons de ne pas dévoiler - est un autre aspect étrange qui donne une tonalité particulière à un roman qui ne joue aucun des codes connus de l'enquête mais qui offre une vision singulière d'une affaire criminelle. Une vision où le passé, le poids des habitudes locales, des aveuglements volontaires, la violence ordinaire et la description lyrique du quotidien de la vie campagnarde forment un mélange étonnant.

Citation

Nos journées à Haeden se déroulaient dans une sorte de stupeur, d'inconscience somnolente, alors que la panique nous gagnait et que nous restions sourds à notre peur la plus enfouie, même si elle était là, intacte, tapie dans les hautes herbes, à attendre.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 23 janvier 2014
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