Le Tueur, 12. La Main qui nourrit

Elle ne supportait pas de voir son fils quitter la maison. Si elle devait le perdre, elle préfèrerait que ce soit pour cause de décès, le sien ou celui de son fils.
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Bande dessinée - Thriller

Le Tueur, 12. La Main qui nourrit

Tueur à gages - Drogue - Gang MAJ mercredi 08 janvier 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 11,5 €

Matz (scénario), Luc Jacamon (dessin)
Paris : Casterman, novembre 2013
56 p. ; illustrations en couleur ; 30 x 23 cm
ISBN 978-2-203-06221-4
Coll. "Ligne rouge"

Drogue de tueur

Sous son enveloppe froide qui cache un assassin expérimenté aux gestes sûrs et aux réactions précises et rapides, le Tueur est un fin lettré qui aime les citations et les aphorismes. Si pour les premières il préfère Jose Luis Borges, pour les seconds il joue les premiers rôles. Au fil des aventures - douze déjà -, il parsème ainsi les planches de Luc Jacamon aussi bien de cadavres que de réflexions plus ou moins bien senties. Car le Tueur est un personnage difficile à cerner, que l'on pourrait croire de gauche, voire d'extrême gauche, si ce n'étaient certaines autres pensées foncièrement plus de droite. Et son métier ne plaide pas en sa faveur. Pourtant, il nous est éminemment sympathique à l'instar de ce délicieux Dexter ou de Martin Terrier, le tueur à gages de La Position du tireur couché, de Jean-Patrick Manchette. On l'avait quitté en pleins doutes quant à la tournure des événements suscités par son ami et commanditaire Mariano (qui s'adonne à la drogue méprisant les règles les plus élémentaires de la criminalité), on le retrouve en pleine arène faisant l'apologie de la tauromachie (apologie qui ne peut être comprise des détracteurs ignares du bon sens bestial). Mais ce passage n'est que le premier d'une excellente bande dessinée qui se joue tour à tour des genres avec efficacité et brio. Après la bande dessinée tout en couleurs vives et crues pour planter le décor tauromachique (et chic), Luc Jacamon et Matz vont permettre à leur héros d'évoluer dans de grands univers - en haute mer, en forêt, en jungle urbaine. Pour un peu, on se croirait changeant de siècle à la vision de ses voilures d'une autre époque. Tout ça pour quoi ? Pour une mise au vert forcée afin d'éviter les représailles des Américains à qui Tueur à ôté un agent qui était tout sauf un pion. Seulement, si les vacances en famille ont du bon, la paranoïa aidée en cela par cette certitude qu'à Tueur d'être suivi vont accélérer le retour aux affaires. Et elles ne s'avèreront pas des plus faciles : Mariano a été enlevé. Alors, affaire personnelle ou professionnelle ? Là est toute la question assortie du fait qu'il va falloir faire preuve de discrétion et de diligence. La suite est un long sentier sinueux vers un rendez-vous sanglant pressenti dès le début. Mais on en a cure surtout que la noirceur établie depuis plusieurs albums prend décidément de plus en plus ses aises. Et l'on referme cet épisode avec l'envie pressante de prendre en mains le suivant...

Citation

La politique, les Cubains, les Américains, les Européens, les capitalistes, les socialistes, les communistes, les vers, le tiers-monde, je m'en fous comme de ma première chemise... On a des millions et des millions de dollars qui nous tendent les bras. On s'est battus pour en arriver là. Faudrait vraiment être cons pour s'embrouiller et tout foutre en l'air maintenant...

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 06 janvier 2014
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