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mercredi 19 septembre

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Roman - Noir

Nous sommes un orage sous le crâne d'un sourd

Assassinat - Gang - Chantage MAJ jeudi 05 décembre 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,9 €

Chaïm Helka
Paris : La Manufacture de livres, octobre 2013
158 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-35887-062-7

Cendrars noir

Avec Nous sommes un orage sous le crâne d'un sourd, Chaïm Helka nous permet d'assister à un voyage qui n'est pas un long dépaysement en terres inconnues, mais le périple qu'un homme accomplit pour achever ce qu'il croit juste. Roman noir, il se décrit par une descente aux enfers de son principal protagoniste, lieutenant à la brigade des homicides de Dijon, mais qui éprouve le besoin de donner un sens à son travail, sa vie et peut-être même de s'offrir une rédemption. Le titre est une référence explicite à une poésie de Blaise Cendrars, qui est un long texte où ce dernier évoque un voyage en train qui en avait fait douter plus d'un. Mais Blaise Cendrars expliquait alors que peu importait la véracité des faits pourvu que le poème nous transporte. Mais revenons à ce roman... Kern Crevel (autre référence à un autre poète dont la destinée fut digne de celle d'un roman noir) est avant tout un policier normal : sa femme, désespérée parce qu'il croit trop à son métier, l'a quittée ; son fils, en pleine crise d'adolescence, rencontre plus souvent des vigiles et des policiers que des professeurs ; un vieil homme qui joue les confidents s'avère est une vieille crapule ; et maintenant voilà que son collègue est sous la coupe de maîtres chanteurs. En même temps, la réception d'une vidéo montrant un combat à mort entre un homme et un pitbull l'amène à la découverte d'un cadavre qui l'entraîne sur une enquête difficile qui le conduira à affronter un gang de Géorgiens. Mais certains, y compris des politiques locaux, aimeraient bien que ses investigations n'aboutissent pas... Il n'y a pas apologie de la violence, mais une simple description, rendue avec force dans un style percutant et imagé, usant des ressources de la langue. Son prédécesseur, le poète Crevel, fut lié aussi aux violences langagières du surréalisme et se suicida, comme le signala Klaus Mann, l'un de ses amis, parce qu'il considérait le monde comme dément. Le policier Crevel ne se suicide pas au sens propre du terme mais, nous sommes dans un roman noir, et il ne serait pas étrange que le héros ait du mal à s'en sortir au final. Crevel est collé sur ses rails. Il fonce droit vers son but, sans trop se soucier des à-côtés car il doit sauver son fils, sauver son collègue et arrêter les coupables. Pour se faire, il ne connaît que son obstination, son courage et la violence. Le policier a dépassé la morale traditionnelle pour se créer son propre sens des valeurs alors s'il faut torturer un suspect, abattre quelqu'un qui gène, foncer sans s'occuper de sa propre sécurité, tant pis pour les dommages collatéraux ! Il fonce et tant pis s'il ne pourra freiner arrivé au butoir. "Si tu as vécu quelques heures avec Crevel, qu'importe que le voyage fut réel ?" pourrait répondre Chaïm Helka à Blaise Cendrars.

Citation

On payait, on expurgeait, on expiait et on se calmait ; on culpabilisait ensuite, le cercle ne se rompait jamais et on y revenait, encore et encore.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 05 décembre 2013
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